Nouvelle pédagogie. Nouvel espoir.

20 05 2012

Les Laboratoires créatifs nomades des Cahiers de l’imaginaire sont des lieux de réflexions et de créations reposant sur des approches novatrices d’intelligence collective. Un de nos premiers partenaires dans cette aventure est l’École des Métiers de l’Environnement, une école jeune et dynamique qui prépare les ingénieurs aux nouveaux métiers de l’environnement.

Un comité pédagogique a été constitué par la directrice de l’EME, Madame Marie-Dominique de Cayeux. Une petite équipe soudée s’est formée autour d’elle : la directrice de la communication, Pascale Esnée, le directeur des relations internationales, Thomas Hull, les enseignants Anne Cikankowitz, responsable du développement durable, Gérard Huillery, chargé de mission et des projets périscolaires et deux membres de l’équipe des Cahiers de l’imaginaire, Pierre Guité et moi-même.

En préparation du prochain sommet de la terre RIO+20, des étudiants de troisième année se mobilisent pour un monde responsable. Leur premier pas a été de rêver ensemble.

Dans quelle société souhaitent-ils vivre ? Que faire pour que les choses s’améliorent ? Quels stratégies adoptées pour que les résultats soient positifs dans vingt ans, voire dans quarante ?

On ne choisit pas une École des Métiers de l’Environnement par hasard. Nos étudiants ont des idéaux. Ils souhaitent s’engager pour construire un monde responsable… Ils tiennent à lutter contre les inégalités. Ils ont envie de vivre dans une société où les gens sourient, sont heureux. Ils ne veulent plus de guerres. Ils espèrent vivre dans un monde différent. Voici leurs vœux :

« Que les modes de vie durables et respectueux de notre planète deviennent une habitude. »

« Stop à la malnutrition. Aide aux pays en difficulté. »

« Que l’argent ne soit plus le centre de la vie, des décisions. »

« Que le commerce équitable soit généralisé à tous les pays du tiers monde. »

« Que tous les hommes respectent la nature qui les entoure sans pénaliser leur développement. »

« Que le monde soit équitable, viable et vivable. »

APRÈS LE RÊVE, LA RÉFLEXION

Portés par leurs idéaux, ils ont identifié six enjeux pour lesquels il leur semblent essentiel de s’engager : La Biodiversité, l’Eau, l’Énergie, le Gaspillage, l’Obsolescence programmée et la Répartition des richesses.

Pour chacune de ces thématiques, ils font des recherches, consultent leurs professeurs et des experts. Ils observent et s’interrogent. Vous pouvez consulter leurs travaux sur le blogue du projet, en cliquant sur Teams & Issues.

Pour les aider à mieux cerner leur problématique et à comprendre les interactions entre les différents enjeux, nous avons invité quatre grands scientifiques à parrainer notre laboratoire créatif : SUREN ERKMAN, JEAN JOUZELJEAN-MARIE PELT, GHISLAIN de MARSILY.

Notre approche vise à les aider à créer du lien entre eux, avec d’autres jeunes, leurs professeurs, des spécialistes et le public et à mettre en contexte les événements locaux, nationaux et internationaux. Nous souhaitons les encourager à mieux travailler ensemble en se sentant solidaires de leur école, de leur communauté, de leur pays, de l’Europe et du monde. L’intelligence collective se développe dans l’expérience vécue, observée, analysée et partagée. C’est une méthode où la réflexion et l’action alternent en continu.

Notre démarche valorise les apprentissages techniques en les liant étroitement au développement de qualités humaines et au respect de valeurs fondamentales. Ils ont la responsabilité d’interagir et de communiquer avec les autres tout au long du laboratoire créatif.  Deux verbes-clés guident ces apprentissages : RECEVOIR et DONNER.

Toute connaissance acquise lorsqu’elle est enrichissante mérite d’être partagée avec le plus grand nombre. Pour l’élève, la stratégie est gagnante à plusieurs niveaux. En plus de l’aider à développer ses talents de communicateur, elle stimule sa mémoire. Le fait de devoir retransmettre, au fur et à mesure, les nouvelles connaissances acquises favorise une meilleure rétention.

L’autre aspect essentiel de cette approche pédagogique est l’intelligence émotionnelle. Privée d’émotions, la mémoire flanche. Les émotions ont des influences déterminantes dans le développement des individus. La dimension émotionnelle du projet contribue au développement personnel de chaque élève et, par conséquent, à une plus grande motivation et réussite dans les autres cours.

Avec une telle approche, l’étudiant se développe, plus consciemment et positivement, sous l’influence du collectif. Le projet permet l’accumulation et l’exploitation d’un ensemble de savoir-faire et de valeurs communes afin que la dimension culturelle donne sa pleine mesure, la culture étant ce qui s’inscrit de manière durable dans les esprits.

Le fait de créer ensemble et de le partager hors les murs de l’école représente des moments forts qui resteront marqués dans leur mémoire. Le laboratoire créatif doit être associé à la notion de plaisir dans l’effort. Les conditions de réussites du projet reposent sur la joie, la confiance, l’échange, l’engagement, la rigueur et la discipline des participants. Créer est stimulant, mais exige du travail.  Notre meilleur indicateur de performance est lorsque chaque élève prend conscience que son intelligence et ses talents se sont développés davantage grâce à la synergie d’un groupe motivé.

En composant la chanson-thème, Our Generation Cares, pour leur projet RIO+20 et en imaginant le jeu Green Pursuit pour évaluer les connaissances du public en développement durable, ils tissent des liens entre eux et avec le public. Leur participation, le 9 mai, à la  journée de l’Europe à Rennes en est un bel exemple.

Le lundi 14 mai, ils ont eu la chance de passer tout un après-midi avec leur parrain scientifique, Ghislain de Marsily à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris VI).

De grands sujets ont été abordés autour du rapport DÉMOGRAPHIE, CLIMAT ET ALIMENTATION MONDIALE co-dirigé par l’hydrologue Ghislain de Marsily et le démographe Henri Leridon, deux professeurs émérites, membres de l’Académie des Sciences de l’Institut de France.

Il est primordial pour de futurs ingénieurs de mieux comprendre la société et de prendre en compte ce qui a déjà été accompli avant d’imaginer des pistes de solutions pour l’avenir.

Les ressources limitées de la planète obligent à repenser nos modes de production et de consommation. L’alimentation mondiale est au cœur des préoccupations. Plus d’un milliard d’êtres humains sont sous-alimentés de façon chronique .

Les problèmes d’eau sont étroitement liés aux problèmes alimentaires, puisque l’alimentation mondiale représente plus de 96% de la consommation d’eau. Le rapport montre à quel point il est urgent de réfléchir en créant des liens entre l’agriculture, la santé et l’environnement.

La conversation entre un scientifique de haut niveau et des jeunes passionnés par le développement durable et la répartition des richesses a été très enrichissante. Cet échange  leur a permis de mieux saisir les grands enjeux.

Est-ce éthique de continuer à manger autant de viande lorsqu’on constate l’énorme dépense en ressources agricoles et énergétiques ? Comment changer nos habitudes alimentaires ? Quels rôles peuvent jouer les gouvernements ? La publicité ? Comment encourager une agriculture qui, tout en étant respectueuse de l’environnement et  de la protection de la biodiversité, permet de nourrir l’ensemble des êtres humains sur terre ? Comment éviter le gaspillage de la nourriture ? Comment encourager plus de recherche dans le domaine de la nutrition ?

Les futurs ingénieurs ont aussi été sensibilisés par Monsieur de Marsily à l’importance de l’éducation des filles. Une femme éduquée fait généralement moins d’enfants. Mettre des enfants au monde est une responsabilité importante dans le contexte mondial actuel.

Qu’en est-il de la gouvernance mondiale ? La conférence de Rio contribuera-t-elle à faire avancer les choses dans la bonne direction ? L’Organisme mondial de l’environnement (OME) sera-t-il enfin créé ?

Et en France, que fait-on ? Une étudiante a profité de la spécialité du professeur pour lui demander les stratégies prévues par le pays pour stocker les déchets nucléaires. Le groupe a eu droit à un exposé détaillé et d’une certaine manière rassurant. Bure représenterait le site idéal grâce à ses mines d’argile et la technique trouvée pour les encapsuler.

Bref, les étudiants ont quitté Jussieux la tête pleine de réflexions et de questions pour  leurs futures recherches. Ils ont appris des choses stratégiques concernant l’avenir de la planète. Ils ont fait la connaissance d’un scientifique passionné qui leur a accordé la même importance que s’il avait conversé avec les dirigeants d’un pays.

C’est un objectif central de nos laboratoires créatifs nomades de multiplier les rencontres intergénérationnelles, multiculturelles et multidisciplinaires afin que nous nous mobilisions autour de valeurs fortes qui seront le socle de cette nouvelle société en émergence.

Pour nos équipes, l’aventure se poursuit. Le prochain périple se déroulera avec une entreprise sociale exemplaire, LA FEUILLE D’ÉRABLE, partenaire de notre laboratoire créatif nomade à l’EME. Il est essentiel de bien définir les enjeux, mais ensuite que peut faire concrètement un futur ingénieur ?

Les entreprises françaises qui souhaitent soutenir notre Laboratoire créatif à l’EME peuvent reverser une partie de leur taxe d’apprentissage ou faire un don à la fondation de l’EME en précisant leur désir d’appuyer le laboratoire créatif. Ils seront associés à la vidéo qui retracera les grandes étapes du projet.

Vous pouvez aussi acquérir une œuvre d’art contemporain à la galerie des Cahiers de l’imaginaire, une partie de la somme sera allouée au laboratoire créatif de votre choix. Aidez-nous à former la relève de belles manières… Engageons-nous.

Sylvie Gendreau, fondatrice des Cahiers de l’imaginaire





L’ART CONTEMPORAIN comme vecteur de transition

6 05 2012

Après l’Arsenal de Venise, un autre ancien chantier naval a été transformé en lieu d’art contemporain à Griffintown, un ancien quartier ouvrier  situé dans le Sud-Ouest de Montréal. Entre des friches industrielles abandonnées, quelques manufactures, des ateliers d’artistes et des nouveaux projets d’habitation, le nouveau bâtiment s’intègre, tout en étant annonciateur d’un espace urbain qui cherche à se réinventer… À l’origine du projet, un entrepreneur québécois, Pierre Trahan et son épouse Anne-Marie, tous deux collectionneurs d’art contemporain depuis de nombreuses années. Comme d’autres Européens et Américains avant eux, ils ont eu envie, tout en valorisant leur investissement, de partager leurs collections et leurs coups de cœur.

En ces temps troubles, l’art comme valeur refuge, une tendance qui s’affirme.

Entre mécènes, collectionneurs et marchands qui misent sur l’art contemporain avec fougue et passion, entre musées et centres d’art qui rivalisent de dynamisme pour éduquer un large public, entre villes et pays qui investissent dans l’architecture contemporaine et la culture… la fièvre de l’art contemporain se répand dans toutes les sphères de la société.

Cet engouement pour l’art et la créativité est une réponse au désenchantement du monde. Vecteur de transition pour contribuer à l’émergence de nouveaux modèles sociétaux, l’art contemporain devient une porte de tous les possibles. Universités et écoles d’art n’ont jamais eu autant d’étudiants, même les écoles de commerce et d’ingénieurs développent la dimension art, créativité et communication… Un bouillon de culture qui aidera peut-être les individus à se reconnecter à l’imaginaire collectif de manière plus festive.

Les propriétaires de l’Arsenal ont confié à l’ancien directeur de l’Association des galeries d’art contemporain de Montréal, Jean-François Bélisle, le soin de faire évoluer ce nouveau lieu pour faire connaître les œuvres et les artistes à un large public. Jeune et dynamique, Jean-François est revenu à Montréal depuis quelques années seulement. Il a étudié et vécu dans différents pays dont plusieurs années à New York. Ce projet est aussi sa vision personnelle des nouveaux modes de diffusion de l’art contemporain. Il est ouvert à toutes propositions artistiques et événementielles. Il n’a ni les contraintes d’un musée ou d’un centre d’art reconnu, il se veut plutôt défricheur… le terrain est vierge, propice à toutes expérimentations. Les mécènes de l’Arsenal lui donnent carte blanche.

Le lieu accueille deux galeries : René Blouin et Division, une salle de 410 mètres carrés pour présenter des expositions d’envergure et y organiser des fêtes qui seront — à n’en pas douter — mémorables. Les organisateurs d’événements n’ont pas tardé à réagir, le lieu est déjà réservé pour plusieurs mois. L’Arsenal vient aussi d’inaugurer un lieu avenue Ernest à Toronto. La première exposition s’intitule PHOTOGRAPHIE. Un troisième lieu ouvrira  à New York dans quelques mois.

En ce moment, l’artiste en résidence est le Canadien Marc Séguin qui vit entre Montréal et Brooklyn NY. Les collections privées Majudia appartenant aux propriétaires et celle de François Odermatt et d’Isabelle Gros-Kowal y sont exposées dont deux œuvres du célèbre artiste allemand Anselm Kiefer à qui le Grand Palais avait confié Monumenta en 2007. À la soirée d’ouverture organisée pour le milieu de l’art contemporain, je méditais devant les immenses toiles de Kiefer, me réjouissant de les voir exposer dans ce nouveau lieu accessible à tous. Dans le film de Sophie Fiennes, l’artiste dit : «On ne va pas au fond de soi sans s’être ennuyé un jour. » Celui qui crée essaie de repousser les frontières de l’art. Celui qui rend l’art accessible est un passeur qui aide ceux qui doutent à traverser les lignes.

Devant le paysage chaotique de béton armé et de fils métalliques, les phrases de Keifer continuaient à résonner : « Nous venons de la mer, là où la vie commence. Les choses n’ont pas de désir, notre sang est de l’eau de mer, des montagnes sont transformées en sable par la mer. » Sur la scène, un écran blanc s’allume avec les encres d’Henri Michaux, une silhouette noire filiforme semble sortir de la feuille blanche. Elle danse. « Les formes tombent sur une feuille blanche et cela agit… » disait aussi Kiefer. Comme pour ouvrir la voie aux danseurs de la Compagnie Marie Chouinard qui offrait, ce soir-là, une prestation unique de quinze minutes, HENRI MICHAUX : MOUVEMENTS.

HENRI MICHAUX : MOUVEMENTS
cmc_mouvement-3,Photo : Sylvie-Ann Paré, Interprète : Carol Prieur

L’art contemporain — qui n’est pas toujous accessible au plus grand nombre —  sort des musées, des galeries, des salons privés  pour envahir les lieux publics, les espaces urbains, les anciennes chapelles…  l’art est consciemment ou inconsciemment un élément essentiel de la vie de chacun. Cette éducation pour le plus grand nombre ne peut que nous plaire. À Montréal, neuf collectionneurs ont voulu partager leur passion. Accès Culture, en plus de présenter la collection municipale, organise jusqu’au 17 juin, dans différents immeubles de la ville, l’exposition d’œuvres prêtées par des collectionneurs privés.

Claude Gosselin a été un des premiers à innover avec sa Biennale d’art contemporain à Montréal… il a fait des émules depuis. Montréal s’affirme comme capitale en art visuel. Plaque tournante reconnue en danse contemporaine et en musique underground… la ville, à l’instar de Berlin,  se réinvente en imaginant des lendemains créatifs où toutes les formes d’art croisent tous les publics.

C’est aussi le signe que l’art contemporain se démocratise et intéresse un nombre grandissant d’adeptes. On ne peut que remercier ces volontés farouches qui investissent énergie et argent pour développer des lieux d’émulation qui permettent aux artistes de s’exprimer, et au public d’être de la fête.





Des artistes qui poussent les frontières de l’art.

5 05 2012





30 ANS DE BONHEUR POUR LES PASSIONNÉS D’ART

30 03 2012

Montréal et tous les amateurs d’art ne remercieront jamais assez René Rozon, homme discret, doté d’une volonté farouche, d’avoir eu l’idée, il y a trente ans, de créer un festival international du film sur l’art.

Alors que les films à grands budgets ont du mal à trouver diffuseurs et public, il fallait une sacrée audace pour imaginer que des films sur l’art trouveraient un public assez nombreux. Aujourd’hui ce festival est incontournable tant pour les amateurs, les artistes, les diffuseurs que pour le public qui en redemande toujours davantage.

L’aventure a commencé en 1992. 50 films de 12 pays ont été présentés à 1000 personnes dans une seule salle pendant cinq jours. En 2012, l’aventure s’est poursuivie dans neuf salles où 232 films de 27 pays ont été présentés à plus de 35 000 personnes pendant onze jours ! Des salles combles au point où 30 films ont été présentés en supplémentaire le dernier jour.

Lors de la soirée de la remise des prix samedi dernier, le président-fondateur, René Rozon, a reçu une longue ovation debout. La réalisatrice, Jill Sharpe, qui a remporté le prix du meilleur film canadien avec Désert vent feu a déclaré que pendant les sept années qu’elle a mis à réaliser son film, l’espoir de pouvoir le présenter un jour au FIFA avait donné à toute l’équipe la force de continuer.

 
 Photo :  Natacha Gysin
Un festival qui éduque, fait apprécier l’art et les artistes et donne envie aux réalisateurs de faire des films… montre à quel point le fondateur a eu raison de poursuivre cette idée qui a semblé folle à plusieurs au départ.
Cette année 41 films de 17 pays étaient en compétition. Des films d’animation, des films sur l’architecture, l’art contemporain, l’art du cirque, l’art graphique, les arts numériques, la bande dessinée, les collectionneurs, la danse, le dessin, la littérature, le design, la mode, les métiers d’art, les musées, la musique, l’opéra, la peinture, la photographie, le théâtre, la sculpture, des films hommage et un regard sur le septième art.
Un événement soutenu par neuf des plus grandes institutions de Montréal, à savoir, le Centre Canadien d’Architecture, le Cinéma ONF, la Cinémathèque québécoise, le Goethe-Institut Montréal, la Grande Bibliothèque, le Musée d’art contemporain de Montréal, le Musée des beaux-arts de Montréal, la Place des Arts et l’Université Concordia. Sans compter l’apport financier de nombreux organismes et entreprises de communication. Le jury international du 30e FIFA, présidé par Carole Laure, comédienne, chanteuse et réalisatrice, a couronné 12 films de 9 pays. Un prix du public a aussi été décerné.
Grand Prix
OPALKA – ONE LIFE, ONE OEUVRE
Andrzej Sapija (Pologne)
Prix du Jury
! W.A.R. Women Art Revolution
Lynn Hershmann Leeson (États-Unis)
Prix du meilleur film éducatif
LA SPIRA
Gérald Caillat (France, Italie)
Prix de la création
SOUNDBREAKER
Kimmo Koskela (Finlande)
Prix du meilleur film canadien
DÉSERT VENT FEU
Jill Sharpe (Canada)
Prix du meilleur essai
VOYAGE AU BOUT DE CÉLINE
Jean-Baptiste Péretié (France)
Prix du meilleur portrait
TINGUELY
Thomas Thümena (Suisse)
Prix du meilleur reportage
UNFINISHED SPACES
Alysa Nahmias, Benjamin Murray (États-Unis)
Prix du meilleur film pour la télévision
AI WEIWEI: WIHTOUT FEAR OR FEAVOR
Matthew Springford (Royaume-Uni)
Prix Liliane Stewart pour les Arts du design
COLOURING LIGHT: BRIANT CLARKE – AN ARTIST APART
Mark Kdel (Royaume-Uni, Pays-Bas)
Prix tremplin pour le monde ARTV
AUX LIMITES DE LA SCÈNE
Guillaume Paquin (Canada)
Mention spéciale
ROMAIN GARY – LE ROMAN DU DOUBLE
Philippe Kohly (France)
Prix du public ARTV
FRÉDÉRIC BACK : GRANDEUR NATURE
Phil Comeau (Canada)
Des tournées internationales ont commencé. En 2012-2013,  les films des lauréats pourront être vus à Boston, Washington et Tourcoing. Ce qui rend ce festival si unique, c’est la qualité et l’originalité de sa programmation et l’atmosphère festive qui s’en dégage. Artistes et réalisateurs adorent venir à Montréal. L’art rassemble qu’elle qu’en soit la forme. Grâce à ses nombreux partenaires, performances et activités de toutes sortes sont organisées en parallèle. Toute la ville vibre au rythme du FIFA.
Au cours des prochaines semaines, nous vous parlerons des coups de cœur des Cahiers de  l’imaginaire. À suivre dans CONVERSATIONS SUR L’ART (ART TALKS). Découvrez le film qui a remporté le premier prix, Opalka, Life One Work d’Andrzej Sapija,et le prix de la création, Soundbreaker de Kimmo Koskela.




TROIS SAVANTS APPUIENT NOTRE LABORATOIRE CRÉATIF

30 03 2012





Un déséquilibre insoutenable…

11 03 2012

Aujourd’hui, plus d’un milliard d’êtres humains sont sous-alimentés ; plus d’un milliard sont en surpoids.
Un des parrains scientifiques de notre laboratoire créatif à l’École des Métiers de l’Environnement, le réputé professeur et hydrologue, Ghislain de Marsily, a co-dirigé avec le non moins célèbre démographe, Henri Leridon, une vaste étude dont le rapport Démographie, climat et alimentation mondiale a été publié aux Éditions EDP Sciences, Paris, en 2011.

Aux Cahiers de l’imaginaire, il nous semble essentiel que les recommandations de ce rapport soient diffusées à un très large public pour éclairer nos réflexions et nos actions. Si nous voulons faire émerger de nouveaux modèles et ouvrir des chemins pérennes pour un monde responsable, nous devons partir de constats sérieux.

Les problèmes de l’alimentation mondiale sont très complexes et ne pourront être résolus qu’en essayant d’en avoir la vision la plus globale possible. Tout est lié : la démographie, le climat, l’alimentation, l’énergie… Et nous sommes tous concernés : pauvres, riches… les crises n’épargneront personne. Et les injustices mènent inéluctablement à des violences, des conflits et des guerres.

Ce qui menace notre planète, ce sont les injustices intolérables contre lesquelles nous pouvons tous agir. Manger moins de viandes, choisir des producteurs plus respectueux, éliminer le gaspillage… de tous petits gestes qui peuvent contribuer comme le montreront les travaux de nos futurs ingénieurs de l’École des Métiers de l’Environnement dans notre projet RIO + 20.

Notre philosophie est toujours la même. Rêvons l’avenir ensemble et passons à l’action pour que les choses s’améliorent.

Experts, politiques, stratèges — mais pas seulement — producteurs, entrepreneurs, agriculteurs,  publicistes, consommateurs, chacun peut faire une différence. Si nous sommes tous conscients des problèmes, nous agirons autrement.

Voici des extraits de cet excellent rapport que vous pouvez commander  aux Editions EDP Sciences, Paris :

Démographie, climat et alimentation mondiale
Sous la direction de Henri Leridon et Ghislain de Marsily

« Si la tendance se poursuit, d’autres crises alimentaires bien plus dramatiques que celles qui se sont produites en 2007-2008, pouvant conduire, si rien n’est fait, à des famines aiguës, des émeutes de la faim violentes, à des tensions internationales, voire à des migrations importantes de population seront de plus en plus fréquentes.

« Aujourd’hui, un milliard d’êtres humains sont sous-alimentés de façon chronique, et ce chiffre a crû de 150 millions d’individus en deux ans. Cette sous-alimentation et d’autres carences alimentaires engendrent, chez les jeunes enfants qui en souffrent, des retards de croissance irréversibles, les condamnant pour la vie – et même celle de leurs descendants – à des déficiences physiques et intellectuelles sévères.

« La situation actuelle résulte de plusieurs facteurs : production insuffisante dans plusieurs parties du monde ; conditions de production défavorables au niveau local ; guerres et conflits civils ; augmentation de la part de l’alimentation d’origine animale, trop consommatrice en protéines d’origine végétale ; concurrence avec la production de biocarburants; inégale répartition des ressources alimentaires entre les individus et les nations, c’est-à-dire l’injustice de la pauvreté : la production agricole actuelle, si elle était plus équitablement répartie, permettrait de satisfaire les besoins de tous à un niveau acceptable. Mais en ce début du XXIe siècle, la production alimentaire est confrontée, dans un contexte de croissance démographique toujours soutenue malgré son ralentissement, à une conjonction inédite de facteurs structurels qui pose de nouvelles questions pour la sécurité alimentaire de la planète.

« L’évolution des régimes alimentaires a conduit à l’apparition d’un problème de santé publique majeur : le développement de l’obésité, tant dans les pays industrialisés qu’émergents ou en voie de développement. On estimait en 2005 à 1,3 milliard le nombre d’adultes en surpoids, dont 400 millions d’obèses, soit respectivement 33 % et 10 % de la population adulte mondiale. Si les tendances récentes se poursuivent, la planète comptera 3,3 milliards de personnes en surpoids en 2030. Tant la sous-alimentation que l’obésité sont des situations inacceptables.

« La production agricole résulte de la conjonction de quatre facteurs prin- cipaux : la disponibilité en sols arables, la disponibilité en eau de pluie ou d’irrigation, le climat, et enfin les techniques culturales (main d’œuvre, semences ou variétés culturales, intrants tels qu’engrais, pesticides, etc., et degré de mécanisation). De tous ces facteurs, il apparaît d’emblée que la disponibilité en sol est véritablement le facteur le plus limitant de la production agricole, bien plus que l’eau ; l’amélioration des techniques culturales reste la première et la plus importante façon d’augmenter la production. Parallèlement, la modification des habitudes alimentaires et le choix du type de production correspondant sont les clés pour résoudre les problèmes tant de carences alimentaires que d’obésité.
« Nourrir convenablement 7 milliards d’hommes aujourd’hui et 9 milliards en 2050 reste possible à certaines conditions, notamment :

–  inciter chacun à réduire sa consommation de produits d’origine animale ou contribuant au déséquilibre nutritionnel. Pour cela, renforcer la réglementation de l’industrie agroalimentaire et de la restauration collective, et lutter, par l’incitation ou la réglementation, contre le gaspillage, qui pourrait représenter jusqu’à 30 % de la production ;

–  soutenir temporairement certains marchés agricoles locaux, particulièrement dans les pays du Sud dont les populations vivent (ou devraient pouvoir vivre) en autosuffisance, avec un faible excédent de production ;

–  limiter les effets de la spéculation sur les marchés agricoles, par une meilleure régulation des marchés à terme de matières premières (et tout spécialement des produits dérivés), sans toutefois en entraver le fonctionnement, car ils jouent un rôle économique essentiel tant pour les producteurs que les consommateurs ;

–  mettre la question agricole au premier plan des préoccupations politiques et économiques des nations, avec des programmes ambitieux de développement agricole des pays les plus pauvres (en particulier en Afrique subsaharienne), notamment dans le domaine de la petite exploitation ; améliorer, à tous les niveaux, la productivité agricole ;

–  constituer des stocks : les zones vulnérables devraient être incitées ou aidées à  constituer des stocks régionaux ou même familiaux pour mieux combattre les risques de déficits chroniques ;

–  maintenir impérativement les capacités de production importantes de la profession agricole européenne, en les réorientant vers des productions nutritionnellement favorables à la santé, et écologiquement acceptables ;

–  contrôler fortement, voire proscrire totalement, la fabrication de bio-carburants de première génération à partir de céréales ou d’oléagineux, vu leur faible rendement énergétique, et leur concurrence directe avec l’alimentation ;

–  créer un Observatoire Prospectif des Situations et Marchés Alimentaires Mondiaux ayant pour mission de suivre, de façon indépendante, les évolutions et en particulier les signaux faibles, d’interpréter ces évolutions en particulier celles des fondamentaux du système alimentaire mondial, de proposer des hypothèses et des scénarios, d’anticiper les dangers et de suggérer des voies de solution.

Ces recommandations s’adressent évidemment aux pouvoirs publics, mais elles sont également destinées à  la société civile tout entière, qui est en fait concernée au premier chef : ce sont aussi (et d’abord) les comportements individuels qu’il faudra modifier. »





Sur le chemin de la création…

4 05 2011

L’histoire a commencé par une rencontre. Chantal Ogereau qui enseigne les arts plastiques au Lycée Saint-Magloire  (Dol de Bretagne) a découvert la galerie et l’univers des Cahiers de l’imaginaire.  Elle en a parlé à ses collègues Sylvie Rigourd et Xavier Chérel.

De ces rencontres, un lien s’est créé, un projet a pris forme…

Avec les élèves de terminale, nous avons réfléchi à des questions essentielles. Qu’est-ce que l’Art ? Qu’est-ce que la Beauté ? En quoi une œuvre nous habite, nous aide à vivre ? Quelle est la place de l’artiste dans la société ? L’importance de l’Art pour inventer demain. Suite à ces échanges, des élèves en arts plastiques et en théâtre ont participé à une expérience de création collective.

Nous nous sommes retrouvés à Dinard pour réfléchir et rêver ensemble…. sur le sens que nous donnions à la Beauté. Nous avons réfléchi autour de quelques œuvres d’artistes qui nous touchent… nous avons laissé les émotions faire lentement leur chemin…

Et l’inspiration est venue… chaque élève a eu une intuition, une intention. On peut penser que pour passer de l’intention à la création, il n’y a qu’un pas. Mais encore faut-il le franchir. On imagine des choses, on a l’idée d’un concept, mais il n’est pas toujours simple de traduire son ressenti et ses idées dans la réalité d’une œuvre.

La seule façon de le savoir est d’essayer… c’est ce qu’ils ont fait. Tout en s’inspirant les uns des autres, chacun a trouvé une manière très personnelle de s’exprimer. Chaque boîte renferme l’émotion qu’ils ont voulu partager.

Rêver en pensant à Soi, à l’Autre. Réfléchir aux liens qui nous unissent, au monde que nous cocréons et poétisons. L’expérience s’est construite au fil des mois, des allers-retours entre Dinard et Dol de Bretagne, au fil des mots, des sons, des regards… de l’écoute, de l’observation, du désir…

BOX, théâtre de poche qui lève un voile sur les rêves de ceux qui prennent peu à peu la relève… sur ce chemin de passage où la transmission de l’émotion est notre premier agent de liaison.

Terres de rêves, d’émulation et de création, Les Cahiers de l’imaginaire sont ravis de pouvoir partager le travail de cette joyeuse bande de lycéens qui donnent à voir l’espoir.


B O X,

u n e   e x p o s i t i o n

V O Y A G E

« Le voyage permet de supprimer les limites et donc d’effleurer le bonheur. »

Steven ROUX


L I B E R T É

« A chaque fois que j’éprouve un sentiment de liberté pure, je trouve alors que la vie est composée d’une magnificence incroyable. Je suis une âme volatile, qui aime se perdre dans les horizons infinis, tel un oiseau dans un beau ciel nuageux. »

Clémence SANGUY


 ÉP H É M È R E

« La beauté est un papillon éphémère »

Corentin VIGNERON



P R É S E N C E

« Le jour se répand

enroule le trait vertical

de ma présence

Je deviens bleu. » Pascal Fauvel

Sylvie RIGOURD

É M E R G E N C E


Les algues vertes ruissellent sur le sable, peignant d’esthétiques et éphémères tableaux. Du cloaque naît la Beauté, choc émotionnel des contraires. »

Chantal OGEREAU


G R Â C E

« La beauté sans grâce est telle une nuit sans étoile. »

Andréia DELAMARE

N A T U R E 

« L’espoir de l’avenir est dans la nature des hommes qui lui restent fidèles. »

Morgane LEBRETON

Une fois, les œuvres créées, l’équipe théâtre — qui a participé à la cogitation des plasticiens pendant les séances préparatoires — a proposé une scénographie formidable pour le vernissage de l’exposition.

« L’art comme la parole s’inscrit dans le mouvement. De l’expression, qui crée la rupture, va se développer le sens, celui compris par l’autre. Autrement dit, l’œuvre ne se détachera de l’artiste que lorsqu’elle aura été appropriée par son public. Il en va de même du langage : des sons articulés mais dépourvus de sens, vont émerger des phrases qui, progressivement, se répondront. Alors la poésie sera possible comme un élan de celui qui crée vers celui qui par son écoute et son imagination recrée à son tour.
Nous avons voulu par ce mouvement de la parole, de l’incompris vers l’évident, illustrer des formes artistiques que chacun se réappropriera à sa guise. Et finalement l’évidence laissera place à une nouvelle magie. C’est ainsi que la poésie se libère dans la beauté de la forme, que celle-ci soit celle des volumes ou celle des mots. »

XAVIER CHÉREL

et le groupe théâtre

Estelle HIARD et Antoine GASLAIN

Et Corentin Vigneron, un dessinateur hors du commun, a croqué sur le vif une scène de la soirée…

Merci à tous les amis, clients et partenaires qui soutiennent Les Cahiers de l’imaginaire et permettent la réalisation de tels projets.





Cultures plurielles, passerelles vers un avenir désirable !

24 06 2011

La première Boule à rêves créée pour les Cahiers de l’imaginaire sera dévoilée à Rennes, le mardi 5 juillet 2011, lors du colloque du Collège des Hautes Études du Développement Durable de Bretagne : Cultures plurielles, passerelles vers un avenir désirable !


Le concept de Collège des Hautes Etudes du Développement Durable (CHEDD) a été créé par Jacques Bregeon, il y a 15 ans, à Paris. (www.reseauchedd.com/)

Ressentant l’urgence que tous se mobilisent pour être acteurs d’une mutation positive et pérenne, il développe une pédagogie originale avec les grands partenaires sociaux-économiques, basée sur la diversité des intervenants et le travail collaboratif.

« Il existe dans le paysage universitaire français des écoles, des laboratoires et des unités de recherche tout à fait pertinents sur les dimensions scientifiques et techniques du sujet. En revanche, il n’y avait pas, jusqu’à la création des CHEDD, d’entité l’abordant par, ses dimensions politiques, sociologiques, juridiques, économiques et culturelle et s’adressant à des responsables en place, qu’ils relèvent d’entreprises, d’organismes publics ou du monde associatif. »

Un concept porteur permettant aux cadres dirigeants et aux responsables d’être mieux formés pour agir avec efficacité pour le développement d’une société durable et de pouvoir compter sur un réseau d’influence pertinent pour faire avancer les choses concrètement.

Ce lieu d’échanges et de confrontations libres, de capitalisation d’expériences et de connaissances fonctionne d’abord à Paris. Fort de son succès, sept ans plus tard, sa dissémination commence dans les régions françaises : Nord (Valenciennes), Aquitaine, Méditerranée, Pays de la Loire, Midi-Pyrénée, Rhônes-Alpes… et le maillage continue.

En 2011, un CHEDD voit le jour en Bretagne, en partenariat avec l’ESC Rennes School of Business, l’Agrocampus ouest, l’École des hautes études en santé publique, Telecom Bretagne, l’École des métiers de l’environnement, le Département d’Ille-et-Vilaine et le Ministère de la culture et de la communication.

Le dynamisme et l’esprit d’entreprise bretons ne tardent pas à se faire sentir… Après six mois intenses d’étude, de réflexion et d’échanges, les auditeurs de la session pilote, créateurs de la première Boule à rêves pour les Cahiers de l’imaginaire, invitent le public à leur colloque de clôture…

Rennes, mardi 5 juillet 2011

9h30, ouverture
JEAN JOUZEL, parrain du CHEDD-Bretagne,
éminent glaciologue, médaille d’or du CNRS,
et Prix Nobel de la paix en tant que vice-président du GIEC

Quatre tables rondes :
1. Culture(s) & Développement durable :
une évidence ! Pas si sûr …

2. Je crée, tu innoves, il développe…
Cultivons-nous, ensemble, un avenir désirable ?

Déjeuner (La boule à rêves)

3. Et quand les valeurs entrent en jeu…

4. Mesure ou Démesure ?

17h30, clôture avec les fondateurs du CHEDD-Bretagne

Une journée exceptionnelle
aux Archives Départementales
avec des dirigeants, des experts
et des penseurs de haut niveau.

Une journée ponctuée par des
performances artistiques signées
Les Tombées de la nuit.

Programme complet et inscription sur le site
www.chedd-bretagne.eu/

Participation gratuite sur inscription.





Une belle expérience de création collective !

6 07 2011

Les Bretons ont relevé le défi ! La première Boule à rêves est créée. Merci au Collège des Hautes études de développement durable d’avoir permis cette première création collective, merci aux auditeurs pour leur ouverture d’esprit et leur engagement.


« Nous le savons, le Développement durable ne peut être ramené aux seules bonnes pratiques ou à des processus de management. C’est d’abord une pensée nouvelle, une éthique, voire une culture à partager…

Et, si le cursus que le CHEDD propose aux responsables (les auditeurs) comprend bien évidemment tout un registre de connaissances et de savoir-faire,  de par la diversité des participants et intervenants il ouvre également à d’autres regards et à une meilleure compréhension de l’autre. Toutefois, il nous est nécessaire de dépasser notre seule réflexion personnelle par une approche collective permettant une vision commune et partagée.

Le passage par la création s’impose alors; elle permet cette coconstruction et l’expression conjointe. Et, quand cette création se situe sur le plan artistique, elle ouvre à l’émotion et à une perception plus sensible de la société et de ses évolutions.

Grâce à Sylvie Gendreau, grâce au sculpteur Dominique Lamandé, et grâce à l’ouverture des auditeurs qui ont bien voulu entrer dans le jeu, le défi de la Boule à rêves a été magnifiquement relevé. Bravo ! Nous en sommes certains, cet exercice collectif demeurera pour les auditeurs un moment privilégié sur le chemin qu’ils ont parcouru ensemble pour un développement durable et vers un futur souhaitable. Merci à tous. »

Jacques Brégeon, directeur, CHEED-Bretagne

Le colloque de clôture du CHEDD a fait l’unanimité tant chez les participants que les intervenants.  Les auditeurs ont eu la générosité de partager l’expérience dense et enrichissante vécue ces derniers mois avec le CHEDD-Bretagne pour que l’avenir soit désirable pour le plus grand nombre… et que tous aient envie de se mettre en mouvement pour y participer.

Ils ont eu l’enthousiasme pour convaincre penseurs et acteurs de haut niveau de venir partager leurs expériences, et le courage de dire oui à l’inconnu avec l’aventure de la Boule à rêves.

L’intelligence collective est une clé fabuleuse pour favoriser le mieux-vivre ensemble. Il est toujours stimulant de voir des personnes s’intéresser aux autres, s’enrichir mutuellement des connaissances et des talents des uns des autres pour favoriser la créativité et les actions concertées. La plus belle manière de donner du sens à tout projet et de créer des liens pérennes et authentiques.

Tout le plaisir est aussi dans l’acte de créer ensemble ! Que de fous rires, d’échanges complices, de connivences…  Un avenir désirable ne peut se concevoir sans que la notion de plaisir y soit associée.



« Expérimenter » permet de comprendre, de transformer l’information en connaissance. Mais il faut aussi rêver, imaginer, réfléchir… car l’action sans pensée peu rapidement être vide de sens. Tout comme la pensée sans action reste virtuelle et ne peut s’enrichir si elle n’est jamais confrontée au réel. La pensée nourrit l’action. L’expérience enrichit la pensée. Et pour réussir cela, il faut du cœur, sans émotions positives, les femmes et les hommes peinent à avancer sereinement.

Voici ceux qui viennent, une fois de plus, d’en faire la preuve. L’oeuvre commune est signée des auditeurs de la première promotion du CHEED-Bretagne :

LAURENT COURTET,  Directeur général adjoint, Pôle développement,
Conseil général d’Ille-et-Vilaine, CG35

GÜLIN DE BERGEVIN, cogérante
Génération vidéo

MARIE-DOMINIQUE DE CAYEUX, directrice
École des métiers de l’environnement EME

MICHEL DELORME, professeur et vice-doyen
ESC Rennes Schoof of Business

PIERRE EWALD, directeur des grands travaux d’infrastructures, Pôle construction
Département Ille-et-Vilaine

MARYVONNE GONIDEC, déléguée au Développement régional en charge du Développement durable, Groupe La Poste

DENIS-MARIE LAHELLEC, conseiller pour l’architecture et le développement durable
Direction régionale des affaires culturelles de Bretagne

GABRIELLE LANDRAC, directrice de la formation
Telecom Bretagne

FRANÇOISE LEDOS, directrice adjointe
Coop de France Ouest

PIERRE LE FOLL, directeur
CESER Bretagne

THIERRY LE-TYRANT, chef d’agence commerciale Bretagne
DALKIA

AUDREY MARTAIL, responsable Qualité/Métrologie/Développement durable
LERES, École des hautes études de santé publique EHESP

CLAUDINE MARTIN, conseils
QHSE – Développement durable

MARC POTEL, directeur RSE
Caisse d’épargne Bretagne Pays de la loire

THIERRY VERSTRATE, directeur
ESC Rennes, Département Executive Education

La Boule à rêves, exposée aux Archives départementales de Rennes, pendant le colloque, a été montée, sept jours avant, dans les locaux de l’École des métiers de l’environnement à Bruz.

Créativité, réflexion, humour rigueur, concertation, partage… ont été au rendez-vous tout au long du processus de création.

« Cette expérience de création d’une œuvre collective m’a montré la force de la synergie et la puissance de l’intelligence collective grâce à la diversité de ses participants. L’émotion ressentie a été un bien-être d’être tous ensemble pour réaliser ce projet.»

Maryvonne Gonidec




« Au début du projet de la Boule à rêves, j’avais de la curiosité, à la fin, j’ai de  la satisfaction. »

Gülin de Bergevin

« Très belle aventure que celle de la création de notre Boule à rêves. Un moment de pause, en dehors du temps si précieux aux uns et aux autres, où nous nous sommes laissés emporter vers le rêve. Un bel exercice d’apprentissage et de partage. »

Audrey Martail


« L’émotion naît pour moi quand je regarde notre “œuvre” et que je me rappelle l’histoire qui nous a permis d’arriver au résultat, la contribution de chacun qui donne le résultat de tous. Cela me permet de revivre les différents moments qui ont permis d’aboutir au résultat, un moment de partages ! »

Françoise Ledos

« Un moment de détente, de plaisir chargé d’humour qui nous a permis de faire plus ample connaissance. »

Thierry Le-Tyrant, Dalkia

« Une boule à rêves !

Une drôle d’idée ?
Un beau défi à relever ?
Une ouverture à l’autre
Pour un monde qui sera nôtre
Un projet de création
Bien au-delà des conventions
L’envie de faire ensemble
Une œuvre qui nous rassemble
Réunion de nos différences
De notre envie de donner du sens
Tout simplement, éveil de nos émotions. »

Claudine Martin

« Je ne peux que m’incliner devant la ferveur, l’entrain, l’implication constante de tous, gage s’il en est qu’un développement durable est possible. »

Marie-Dominique de Cayeux

« Voici, sous la forme d’un quatrain ce que m’a inspiré notre boule à rêve sur un plan conceptuel.
l’arbre, support emblématique de la vie et de sa possible pérennisation, la boule symbole clos et collectif de cette différence nécessaire à l’expression de la diversité trop souvent enfouie, refusée par ignorance pathétique : La feuille, pendant de la boule à rêve, exprimant cette indicible et fragile certitude que l’avenir est ouvert.

Quelques heures ont suffi à un groupe de quelques personnes qui ne se connaissaient pas encore il y quelques mois pour imaginer l’insoupçonnable. Une esquisse éphémère, quelques maquettes fragiles et chacun s’est mis en quête d’objets et de branches qui pourtant pré existaient à l’objet fini, ont réussi à inspirer cet assemblage pour le dépasser. Si la fragilité et toutes ces incertitudes nous ont conduits à cette réalisation c’est bien que quelque chose que nous partagions  nous a précédés.

« La différence est recluse en une géode hôte d’un désert de solitude
Parfois elle s’extirpe d’un abysse sablonneux, emplie de sollicitude,
Elle exprime alors avec sa candeur juvénile toute sa plénitude,
Hélas sans délai, elle devient le naufragé d’une oasis d’ignorance ».

Marc Potel


Cultures plurielles, passerelles vers un avenir désirable, le titre de la première Boule à rêves, porteuse de tous les espoirs pour inventer demain ensemble.

Merci au sculpteur, professeur d’art plastique à l’École d’architecture de Rennes, Dominique Lamandé, d’avoir accepté d’accompagner discrètement les créateurs… afin que la sculpture soit réalisée, malgré l’urgence et le manque d’expérience, dans les règles de l’art !

Encore une fois, la magie a opéré ! Peu importe le pays, les groupes, les âges… chaque expérience m’émeut toujours, car je m’aperçois de tout ce potentiel enfoui en chacun de nous qui se révèle et se démultiplie lorsqu’on accepte de se faire confiance pour réaliser une œuvre commune… inspirée d’un rêve partagé.

Merci à vous chers amis bretons, cette expérience confirme que les Cahiers de l’imaginaire ont eu raison de démarrer l’aventure en Bretagne… votre Boule à rêves est superbe, chargée de sens et d’ouverture pour un avenir désirable.

Grâce à vous, notre cercle des poètes bien vivants s’agrandit davantage chaque jour…

Sylvie Gendreau





Du rêve au voyage

10 07 2011





Premier arrêt, tout le monde descend !

10 08 2011





Deuxième arrêt, excursion sur trois continents !

10 08 2011





C’est ici qu’on pose ses valises !

10 08 2011






Un été extra !

10 08 2011





Souvenirs d’été

11 09 2011





HABITER L’ESPACE

23 10 2011





SUR LA ROUTE DU SUD

26 10 2011





VANNES EN NOVEMBRE

8 11 2011





Walter Unterrainer, acupuncteur urbain

13 11 2011

Les villes sont la grille de lecture des époques. Synthèse des révolutions, des dérapages et des innovations, elles se transforment avec leurs citoyens. Au XIXe siècle, la révolution industrielle a métamorphosé le paysage urbain. Au XXe, les découvertes scientifiques et techniques ont contribué à l’accélération de la diffusion de l’information entre les différents continents. En architecture, l’uniformisation des constructions d’une ville à l’autre, d’un pays à l’autre, s’est répandue comme une traînée de poudre.

Au XXIe siècle, le maître-mot de la ville est INTRÉGRATION.

L’architecture des villes contemporaines privilégie de plus en plus les approches holistiques, tenant compte à la fois de la sociologie, de l’environnement, de la culture et de l’économie, disciplines connexes à l’urbanisme et à l’architecture.

De nos jours, on attend des architectes des plans urbains et des constructions écologiques qui contribuent à une meilleure intégration avec les espaces naturels. L’urbanisme des villes participe aux mouvements sociaux. L’aménagement d’espaces influe sur les comportements.

WALTER UNTERRAINER pratique l’architecture comme un acupuncteur urbain. Un point. Des effets.

L’homme parle peu. Il préfère l’action. Et lorsqu’il s’exprime, il va droit au but. Franc et direct, il considère l’architecture comme un geste politique. Construire est un acte important. Pour lui, il est hors de question de faire n’importe quoi. Au moment où certains comprennent qu’il devient incontournable de construire autrement, Walter sourit… son cœur balance entre optimisme et pessimisme.

Étant un des mieux placés pour savoir qu’un exemple en entraîne d’autres, il mesure, mieux que quiconque, le temps qu’il faut pour que les comportements changent. C’est sans doute son goût pour les projets qui avancent rapidement qui lui fait choisir l’Autriche, l’Allemagne, les pays scandinaves et la Chine pour intervenir.

Walter Unterrainer est né et a grandi dans une vallée au cœur des Alpes à Innsbruck en Autriche. Il y fait une partie de ses études avant de les compléter en Angleterre. Pour lui, la protection de l’environnement a toujours été un enjeu crucial. C’est une question qu’on ne peut se permettre de prendre à la légère.

En 1980, il choisit Feldkirch, la seconde ville la plus peuplée de Voralberg, située à la frontière de la Suisse et de la Principauté de Liechtenstein, pour créer son agence d’architecture.  Les problèmes le stimulent. Curieux de nature, il cherche et il trouve des solutions. Il n’attend pas les budgets importants pour agir. Il observe, réfléchit et expérimente. C’est sa façon d’innover. Il développe des stratégies rigoureuses et des systèmes de mesure pour atteindre ses objectifs d’efficacité et d’économie.

Pour chaque  projet, il se fait un regard neuf. Il ne reproduit pas. La solution doit être adaptée au contexte et non uniformisée comme on le fait trop souvent.

À Zwischenwasser en Autriche, Walter a construit la première école chauffée à plus de 70% avec de l’énergie solaire. Les élèves ont envoyé des cartes postales de leurs dessins aux élèves des autres écoles pour leur annoncer que leur école était chauffée avec le soleil. À partir de ce projet, le mouvement s’est amorcé pour la construction et la rénovation des autres écoles en Autriche. Il fallait un premier exemple pour que tous adhèrent et passent à l’action.

À Batschuns, première construction passive en Autriche réalisée par le cabinet de Walter Unterrainer. Encore une fois, cette expérience est à l’origine de grands bouleversements dans la construction résidentielle pour éliminer les sources de chauffage conventionnelles.

Aujourd’hui, Voralberg est considérée comme un laboratoire de recherche de l’architecture durable. Avec son agence, il a réalisé plus d’une centaine de projets: maisons individuelles, rénovations, écoles, bâtiments…



Cela a vite dépassé les frontières. Des architectes français viennent y puiser de l’inspiration et des idées. Dans le cadre d’une mission, Henri Le Pesq, directeur du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement des Côtes-d’Armor, a visité la maison de Walter au moment où l’architecte vivait encore à Feldkirch. « Nous avons été surpris de constater que, malgré la température sous zéro et la neige à l’extérieur, il y faisait plus chaud que dans nos maisons françaises chauffées de manière conventionnelle. On avait peine à croire qu’il s’agissait d’une construction passive… »

L’objectif zéro-énergie, Walter le pratique depuis longtemps. Cela ne l’impressionne pas. Pour lui, ce ne sont que les premiers pas. Il faut aller plus loin, plus vite. C’est pourquoi, tout en menant ses projets, il a sillonné l’Europe et l’Asie pour présenter ses expériences et prouver qu’on pouvait construire autrement.

Depuis 2007, Walter a vendu son agence en Autriche à ses collaborateurs pour se consacrer à l’enseignement et à des projets qui lui permettent de transmettre ses connaissances.


« Je ne veux pas que mes étudiants reproduisent ce que j’ai réalisé dans le passé. Je souhaite les encourager à trouver de meilleures solutions aux problèmes environnementaux et humains de la planète. Ils doivent innover. »

Qu’ils soient en Chine, à la Tsinghua Université de Beijin, au Danemark, à l’École d’architecture Aarhus ou encore en Suède, à l’École d’architecture d’Umeå, les futurs architectes qui ont Walter Unterrainer et ses collègues comme professeurs ont une chance folle.

Pour les trois universités, il dirige leur programme de master pour une architecture durable. À Umeå, des professeurs engagés ont fondé le laboratoire pour la production d’une architecture soutenable…  « Je n’aime pas le terme institut, je préfère laboratoire. À Umeå, on apprend en réalisant. Les étudiants ont besoin de maîtriser  toutes les techniques, même si plus tard, ce ne sera pas à eux d’accomplir cette partie du travail. Pour comprendre, il faut faire. La technique aide l’imagination. Plus on construit dans cet esprit, plus on apprend. Plus le travail est collectif, plus chacun peut apporter le meilleur de lui-même. Un laboratoire favorise cette forme d’apprentissage. »

À l’automne 2011, les étudiants de l’école d’Umeå réalisent un stage au Caire en Égypte. Ils observent et tentent de proposer des pistes de solutions pour améliorer la qualité de vie des pauvres contraints à vivre parmi les déchets.

À la pointe de l’architecture durable mondiale, l’École d’architecture d’Umeå attire des professeurs et des étudiants du monde entier.

L’architecte déplore notre habitude de tout détruire pour construire du neuf. Selon lui, même si on essaie de faire mieux que ce qui a été construit avant, il n’est pas toujours écologique d’agir de la sorte. En 2009, il a gagné le concours de rénovation urbaine de la ville d’Amberg en Allemagne. Pour ce projet, il s’est mis dans la peau d’un acupuncteur. Il a identifié une liste de points spécifiques à traiter pour que la qualité de vie dans la ville s’améliore.

Au lieu de démolir, dans ce cas-ci, il transforme le vieux en mieux. Si l’approche a suscité des doutes au départ chez les citoyens, ils étaient tous conquis et étonnés, dès la fin de la première phase, par l’amélioration de leur lieu de vie.


L’expérience acquise pendant la première phase du projet permettra d’améliorer la deuxième phase. Et ainsi de suite. L’expérience est apprenante. Walter Unterrainer est un homme d’expériences et de laboratoire. Pour lui, tout territoire est un laboratoire latent. L’architecture et l’urbanisme jouent un rôle anthropologique essentiel et fondamental pour l’élaboration des milieux de vie dans la conception des villes du futur.

Il est rassurant de savoir que les écoles d’architecture les plus novatrices se transforment peu à peu en laboratoires pour la production d’une architecture qui s’intègrera mieux aux espaces naturels.

Walter Unterrainer était de passage aux Cahiers de l’imaginaire, écoutez-le en appuyant sur les symboles rouges, c’est dans Conversations sur l’architecture dans ART TALKS.

Nous remercions notre partenaire, Le Grand Hotel Barrière de Dinard, qui nous a permis d’accueillir Walter Unterrainer aux Cahiers de l’imaginaire et de vous présenter ce reportage.





LA GRÉE DES LANDES, UN EXEMPLE D’INTÉGRATION ARCHITECTURALE

13 11 2011

Le XXI° siècle exige que nous repensions nos façons de construire. Si cela est plus évident et spectaculaire pour les grands projets, il faut aussi s’y mettre pour les petits. Nous avons fait l’expérience d’un éco-hôtel spa situé dans un environnement protégé dans un village de Bretagne, la Gacilly.

Dormir dans des draps de coton biologique, dans une chambre où il y a l’essentiel, sans le superflu. Respirer l’odeur du bois traité sans solvant. Apprécier les peintures naturelles posées sur les murs. Une fois les lumières éteintes, les étoiles éclairent la nuit. Au milieu de la nature, dans la simplicité et le confort, on se sent en harmonie avec elle. L’expérience est juste et apaisante, au point où le superflu des autres lieux semble désormais encombrant. Après une ère de consommation à l’extrême, jouir naturellement de l’essentiel deviendra peut-être le luxe absolu.


Pour ceux qui ne connaissent pas la Gacilly, c’est la commune où est née la marque Yves Rocher. À la mort de son père, Yves Rocher a 14 ans. Il aide sa mère dans son petit commerce de textile où il fait la connaissance d’une vieille guérisseuse qui lui confie la recette d’une pommade hémostatique à laquelle il ajoute de la ficaire. Les vertus indéniables de la crème le poussent à transformer le grenier de la maison familiale en laboratoire. Le succès de sa crème dans sa commune l’incite à essayer de la vendre par le biais de petites annonces… À ce moment-là, ce n’est encore qu’un jeu d’adolescent entrepreneur…

En 1959, Yves Rocher s’inquiète. La Gacilly se dépeuple. L’idée de lancer une gamme de produits de beauté fabriqués à partir des plantes le hante. Il rencontre un publicitaire parisien à qui il demande de concevoir une campagne pour lancer les produits Yves Rocher qui seront fabriqués à la Gacilly et vendus par correspondance. Le publicitaire n’y croit pas. Yves Rocher, selon lui, n’est pas un nom porteur pour une marque de cosmétique. Et quelle drôle d’idée de vouloir fabriquer de la cosmétique végétale et de la vendre par correspondance. Vous connaissez la suite ! 52 ans plus tard, le groupe Yves Rocher est sacré l’entreprise préférée des Français.

La Gacilly est le lieu d’incubation de la marque Yves Rocher. Jardin botanique, plantations, usines de transformation, recherche et développement, siège social… c’est dans ce cadre champêtre que demain s’invente. L’amour que portait Yves Rocher à la nature est ressenti avec la même force par ses enfants et ses petits-enfants.

Pour ses 50 ans, la marque a offert 50 millions d’arbres à la planète. La rencontre de Jacques Rocher à Nairobi, en juin 2007, avec la regrettée Wangari Maathaï, prix Nobel de la paix en 2004, a été déterminante. Fils du célèbre entrepreneur breton, maire de la Gacilly, président de la Fondation Yves Rocher – Institut de France et directeur du Développement durable du groupe, Jacques Rocher est le créateur de l’éco-hôtel spa, La Grée des landes.


«Le Développement Durable, chez Yves Rocher, c’est un principe familial. Il coule dans nos veines, comme une sève. Pour nous, la nature n’est pas un concept. C’est notre façon de vivre et de voir la vie. La nature, nous la respectons parce que nous vivons avec elle. »


C’est pour partager ce sang vert familial, faire vivre cette rencontre avec la nature, que le groupe Yves Rocher a décidé de créer cet hôtel au cœur de la commune où tout commence, où tout s’invente…

Avant même la première esquisse, Jacques Rocher savait précisément à quoi l’éco-hôtel spa ressemblerait. Le projet devait s’inscrire rigoureusement dans une démarche de développement durable. Pour l’aider à concrétiser son intention, il a retenu les architectes Hubert Penicaud et Olivier N’Guyen. L’expérience a été apprenante pour tous ceux qui y ont participé… un véritable laboratoire d’éco-construction pour les entrepreneurs (architecture bioclimatique, bâtiment basse consommation, traitement naturel de l’eau, utilisation d’énergies renouvelables, réduction et tri des déchets, protection et valorisation du patrimoine nature, réduction des gaz à effet de serre…

Jacques Rocher et Auguste Coudray nous parlent de cet exemple réussi d’intégration dans un espace naturel, c’est dans ART TALKS.

Nous remercions le chef cuisinier du restaurant Les Jardins sauvages, Gilles Le Gallès, ancien élève de Bernard Loiseau et de Gilbert Lecoze et le directeur de la Grée des landes, Denis Petrel, de leur accueil chaleureux et du temps qu’ils nous ont accordé.

« Il faut faire pour apprendre », disait l’architecte Walter Unterrainer. Voilà qui est fait, en Bretagne, depuis 2009.  La réussite de La Grée des landes prouve, à tous, que l’on peut faire autrement. Ici et maintenant. Il va sans dire que cet exemple en entraînera d’autres.

Croire que tout est possible pour que tout le devienne.

www.lagreedeslandes.com






LES ATELIERS DE L’IMAGINAIRE

1 12 2011

Bien préparer les dirigeants de demain n’est pas une mince affaire, surtout dans l’état actuel du monde. Les étudiants de plusieurs écoles de commerce réputées, dont la Harvard Business School, commencent à s’impatienter qu’on leur enseigne certaines matières de la même manière  depuis vingt ans. Le 2 novembre dernier, dix étudiants quittaient la classe d’Économie du professeur Greg Mankiw, lui reprochant d’enseigner les bases de l’économie qui contribuent à accentuer les inégalités, sources des troubles et des déséquilibres qui affligent la planète.

Les classiques en économie ont la vie dure. Le monde va de plus en plus mal et les dirigeants sont souvent démunis pour affronter les tempêtes et les crises successives. Il est donc naturel que les dirigeants des écoles de commerce se posent des questions et tentent d’outiller le mieux possible ceux qui se préparent à prendre la relève.

Photo : Jean-Pierre Cruciani

C’est dans ce contexte que l’ESC Rennes School of Business innove en proposant à la dix-septième cohorte de l’Executive MBA de vivre une expérience créative et culturelle hors norme pendant les dix-huit mois de leur formation.

OCTOBRE 2011. 20 étudiants de 9 pays différents s’apprêtent à vivre une expérience unique. Au cours des premiers jours, ils doivent faire connaissance les uns avec les autres, découvrir le cursus qui les attend et rencontrer leurs premiers professeurs.

Pour ce groupe, les choses commencent d’une manière inattendue. Le camp de découverte se fait avec Les Cahiers de l’imaginaire.

Qu’est-ce que l’art et la création ont à voir avec une école de commerce ? Dans les regards, on peut lire de la curiosité, et chez certains une pointe d’inquiétude. «C’est que je n’ai aucun talent artistique moi !», s’exclament les plus craintifs.

Le premier voyage commence par le plus difficile, la connaissance de soi.
QUI SUIS-JE?

Rien ne vaut d’apprendre les bonnes pratiques en affaires, les stratégies pour bien diriger et participer à une saine gouvernance, si on ne prend pas le temps de partir — aussi — à la quête de soi pour découvrir ses différentes formes d’intelligence et développer la plus importante entre toutes : l’intelligence émotionnelle.

C’est pour explorer ce délicat terrain que le groupe est entraîné dans des lieux inusités, les rapprochant de la nature et de l’art, pour que commence, entre nous, une conversation qui contribuera à allumer en chacun — du moins nous l’espérons — de petites étincelles.

Certaines expériences restent à jamais gravées dans nos mémoires. C’est à ces moments précis que l’information reçue se transforme en connaissance acquise. Voilà pourquoi nous empruntons des chemins de traverse, souvent plus propices pour laisser éclore l’alchimie qui transforme une expérience banale en une expérience marquante qui contribuera à notre évolution. Alternant entre l’introspection, la réflexion et l’expérimentation, nos jeux créatifs annoncent, à n’en pas douter, de nombreuses surprises et métamorphoses.

La deuxième exploration, plus facile et enthousiasmante, est la découverte de l’Autre.

C’est une chance exceptionnelle tant pour les étudiants que les professeurs de partager cette mixité d’âges et de cultures, cette diversité d’expériences et de talents. Dès que nous avons un être différent devant nous, c’est une occasion de grandir. Une chance qu’il ne faut surtout pas laisser échapper !

L’objectif des Cahiers de l’imaginaire est d’attirer l’attention sur ces moments fugitifs qui traversent nos vies. Comment faire d’une rencontre sans importance, une rencontre qui peut changer le cours de notre vie ? Comment capter ces moments précieux ?

Ces petits moments qui semblent parfois banals à première vue, mais qui deviendront des repères qui nous permettront de garder le cap lors de décisions importantes. Ces rencontres qui contribuent à notre identité, à notre place dans le monde, au rôle que nous souhaitons y tenir.

En tant que média sur l’art et la création, Les Cahiers de l’imaginaire sont un métier à tisser des sensibilités, des talents, des créativités, des regards… pour l’animation d’une toile qui aide à relier des fils multicolores, voire disparates, qui, mis en ensemble, ouvrent un champ de nouveaux possibles.

Être le témoin de ce type de rencontres qui créent des liens plus profonds, plus vrais, plus solidaires est, pour nous, un terreau indispensable pour assister, dès l’état zéro, aux premiers mouvements qui participent à ce monde en mutation. Montrer cette cybernétique est au cœur de la mission des Cahiers de l’imaginaire.

Notre objectif est de vous permettre d’être le témoin de la métamorphose de 20 individus se connaissant peu, venant de 9 pays différents, en une force créatrice et opérationnelle collective. Un exemple concret d’intelligence collective qui montrera à quel point chaque individu peut se développer davantage en complémentarité avec les autres « le tout étant plus grand que la somme des parties ».

Troisième volet de l’excursion, prendre pleinement conscience de la nature qui nous entoure pour évoluer avec elle.

Être pleinement présent au monde. Éveiller nos cinq sens pour recevoir ce que l’environnement nous offre, ce que la nature nous procure, ce que les autres nous apportent. Réapprendre à goûter, à écouter, à voir, à entendre, à toucher… Un apprentissage que tous embrassent avec plaisir !

Recevoir les talents de l’Autre a été aussi l’occasion de déguster la cuisine du chef du restaurant le Blue B au Grand Hotel Barrière de Dinard, Davy Aubry-Lachainaye. Le groupe a été impressionné par son talent, mais aussi par sa vision de l’art culinaire et de la liberté qu’il donne à ses collaborateurs pour encourager leur créativité.

De cette expérience, ils ont retenu que la chose la plus importante est d’aimer faire ce que l’on fait. Porté par l’amour de son métier, on ne peut que s’améliorer, trouver l’équilibre, entre le bon, le vrai, le bien.

Davy Aubry Lachainaye a toujours aimé cuisiner. C’est cet amour qui l’a conduit là où il est aujourd’hui. Lorsqu’il recrute, c’est la première chose qu’il recherche chez ses collaborateurs, cette même passion. Pour ce chef, un diplôme pèse moins dans la balance que cet amour naturel. Lorsque la passion nous anime, on ne peut que s’améliorer et créer des choses intéressantes.

Quatrième volet de l’excursion : L’approche du sensible.

Entre nous, il sera toujours question d’art, de littérature, de poésie, de musique…

Comme première expérience, le groupe a été convié à une promenade libre dans un écrin de verdure et d’architecture traditionnelle au Musée et jardin de sculptures Manoli. Une invitation à découvrir le travail de Pierre Manoli, auteur d’œuvres publiques dont la sculpture monumentale à la Faculté des Sciences, Paris (1976), la Grande Voile à la Gare Montparnasse, Paris (1992) et le mobilier liturgique de la cathédrale Saint-Corentin à Quimper (1999).

Son épouse, Britt Manoli, a transformé l’atelier de l’artiste, décédé depuis dix ans, en un lieu agréable à visiter à la Richardais. Les étudiants ont été ravis cette incursion dans l’univers de l’artiste. Ils ont été particulièrement intéressés par l’ingéniosité artisanale de Pierre Manoli qui a détourné des objets usuels pour les besoins de ses créations.

Le même amusement, le même étonnement, se lisait dans le regard des enfants qui ont été parmi les 5000 visiteurs à découvrir, cet automne, les expositions Manoli au Château de l’Hermine et au Bastion organisées en partenariat avec la Mairie de Vannes et  l’UTA. Un projet dirigé par Britt Manoli et mené avec passion et dévouement  par l’historienne de l’art, Isabelle Letiembre.

Emprunter un regard juvénile est propice à la découverte de toute chose. Prendre le temps de regarder — une première fois — une œuvre, la nature, l’autre est essentiel. Toutes expériences qui permettent cela doivent être encouragées. Un bon dirigeant sait regarder, observer, écouter… Il sait, malgré son âge et ses expériences, conserver un regard neuf. Il demande à être étonné.

Le partage des émotions ressenties et des connaissances acquises donnent corps à une nouvelle réalité pour tous ces étudiants qui évolueront ensemble au cours des deux prochaines années.

Dans un climat de confiance et de bienveillance, chacun peut alors explorer librement des facettes insoupçonnées de son être et laisser éclore son propre potentiel créateur.


Les deux premiers jours du camp de découverte se sont terminés aux Cahiers de l’imaginaire.

Photo : Debasish Dey

Le désir de créer ensemble est déjà  bien palpable… au fil des mois, nous vous dévoilerons ce qu’il adviendra de leurs liens et de l’union de leurs talents.

Une aventure à suivre avec…


Ivan Botrel, Jad Bou Khalil, Maud Bourtayre-Oger, Manish Choudhary, Juana Collet, Jean-Pierre Cruciani, Dey Debasish, Leo Franco, Yanzhu Guo, Olexandra Kharchevnykova, Stéphane Le Lay, Didier Lemoine, Li Lin, Philip Petersson, Augustine Reading Kaba,  Robert Gildas, Prachi Tyagi, Corisand Vassal, , Silu Yang et Ninfa-Rumina Sosa-Miranda.

Tous vous disent, à bientôt.





Contruire pour demain

1 12 2011
Construire pour demain, les Cahiers de l'imaginaire

Construire pour demain, les Cahiers de l'imaginaire





UN SAUT DANS L’ENFANCE

29 12 2011

« Le joujou est la première initiation à l’art. »
Charles Baudelaire

Le moment des fêtes de fin d’année ne peut être mieux choisi pour faire un saut dans l’enfance et ses imaginaires…  À Paris, jusqu’au 23 janvier 2012, le Grand Palais nous téléporte dans la caverne d’Ali Baba.


Poupée nageuse Polly/Fabricant : Bergamini 1950 – 1960
Poupée : L. 13 cm ; l. 5 cm/Boîte : H. 5 cm ; L. 15 cm ; 1.5 cm
Musée des Arts décoratifs, Paris
© Jean Tholance pour les Arts Décoratifs, Paris.

Les deux commissaires de l’exposition DES JOUETS ET DES HOMMES, Bruno Girveau, chef du département scientifique et culturel à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris et Dorothée Charles, conservateur en charge du département des Jouets aux Arts Décoratifs, ont réussi une formidable leçon d’histoire du jouet du monde occidental et du Japon.

Chaque salle donne à voir des jouets qui ont été les plus importants pour les enfants et l’usage créatif qu’ils en ont fait. Une traversée enchantée où petits et grands sont projetés dans les jeux et les souvenirs de leur propre enfance.

Zeppelin«Los Angeles» EPL II/Fabricant : Ernst Paul Lehmann Patenwerk 1925-1935 /Mécanisme d’horlogerie, tôle lithographiée, celluloïd /H. 7,5 cm; L. 28 cm; l. 9 cm/Nuremberg © Spielzeugmuseum, Nuremberg / Photo Christiane

Près de 1000 jouets d’usage et d’exception sont réunis dans cette exposition : poupées antiques, poupées princières, Barbie, trains, avions, bateaux, ours de tous poils, automates presque vivants, jeux vidéo batailleurs, figurines en plomb ou en plastique, soucoupes volantes, arches de Noé… de quoi ouvrir, entre mimétisme et imaginaire, les portes du merveilleux.

Boîte Lego System/Fabricant : Lego Sysem 1958/Platique/H. 3 cm ; L. 33 cm ; I.20 cm,/Musée des Arts décoratifs, Paris/© Jean Tholance pour les Arts décoratifs, Paris

Le jouet apprend à apprendre, permet d’imiter, encourage l’invention. Il aide les enfants à entrer en relation — à leur façon — avec le monde des grands. Le jouet conçu par l’adulte est souvent détourné par l’enfant qui lui imagine de nouveaux usages. Par ses jeux, l’enfant réinvente ses jouets.

Pierrick Sorin
I would like to live in a dollhouse, 2011
Théâtre optique réalisé pour l’exposition/©Garance Wester
POUR LES FILLES, DES POUPÉES ET ENCORE DES POUPÉES
Plus qu’un jouet, la poupée est le mystérieux double de la fillette. Un double qui l’inspire, qui la prépare aux transformations à venir de son corps, qui l’aide à grandir. De l’Égypte ancienne où la poupée est une figurine de la femme qu’elle deviendra plus tard et qui l’accompagnera jusque dans sa stèle funéraire à la poupée occidentale dont la fillette devra prendre soin… l’exposition présente un large éventail de styles. Sans oublier celle qui révolutionna le monde des poupées, Barbie. Représentant plutôt une personne, elle a été incontestablement la star de la seconde moitié du vingtième siècle.
POUR LES GARÇONS, DES PROUESSES TECHNIQUES
L’exposition présente des miniatures de voitures, de trains ou d’avions qui font rêver, comme ce petit avion vendu à des milliers d’exemplaires après la traversée de l’Atlantique par Charles Lindbergh. Le prince Andrew reçut en 1966 une réplique exacte de l’Aston Martin de James Bond, vue dans Goldfinger. Modèle unique qui pouvait rouler jusqu’à 16 km/heure. Elle exigea dix semaines de travail pour sa fabrication.

La guerre et les combats sont aussi un terrain de prédilection pour les petits garçons : cowboys, petits soldats de plomb,  G.I. Joe (le soldat américain)  auxquels s’ajoutent désormais des personnages plus fantastiques comme les Tortues Ninja. Sans oublier les musiciens qui ont toujours la cote.

Woody guitariste d’après Walt Disney/Pixar, Fabricant : Hasbro/Licence : Pixar Animation Studio et Walt Disnety Company/D’après le film Toy Story de John Lasseter, 
2003/Plastique, textite/BWoody : H. 35 cm//Musée des Arts Décoratifs, Paris/©Jean Tholance pour les Arts Décoratifs, Paris

Les enfants sont passionnés par les héros des contes et des histoires : Félix, Babar, Blanche-Neige, Mickey, Superman, Davy Crockett, Goldorak…  À partir des années 1920, la littérature enfantine a énormément contribué à enrichir le lien des enfants avec différents personnages. lls adulent leurs héros et continuent à écrire leur histoire. Avec la venue des médias, le jouet s’est transformé. Les héros de l’enfance sont désormais les personnages de contes illustrés, de bandes dessinées, des comics américains, des émissions télévisées ou des films.

Walt Disney a été le précurseur, le premier à concevoir des produits dérivés. Aujourd’hui la vente des produits dérivés rapporte souvent davantage que la recette des films. Le jouet est devenu un produit de consommation comme les autres. La publicité contribue à rendre le jouet de plus en plus éphémère. Les enfants veulent le dernier personnage du dernier film, de la dernière série… La surconsommation ne les a pas épargnés. Mais tant que les histoires se multiplient, la capacité d’inventer est sauve.

Les deux commissaires ont tout prévu pour cette exposition sur le jouet dont un petit rituel pour nous préparer à quitter la caverne d’Ali Baba sans trop de heurts. La présentation de Avec l’éléphant de l’artiste contemporaine Annette Messager de sa série de jouets vidés, éventrés « de petits cadavres de l’enfance auxquels on reste très attaché » comme le dit l’artiste, nous prépare à renoncer à nos jouets et donc à grandir…

Et comme puissant symbole pour ceux qui n’y arrivent pas… un dernier jouet : une petite luge nommée Rosebud issue  du fim culte d’Orson Welles, Citizen Kane… on ne pouvait imaginer sortie plus réussie.

Paris Grand Palais, Galeries nationales
14 septembre 2011 – 23 janvier 2012

Helsinki, Helsinki Art Museum
21 février – 20 mai 2012

Comme l’a évoqué Emmanuel Kant : « Jouer peut aussi être une façon de créer. » Profitons de ce temps festif pour retourner en enfance. Jouons… Joyeuses fêtes à tous.





LES CABANES DE NOS GRANDS-PARENTS

29 12 2011

Envie d’un tour du monde magique ? NICOLAS HENRY, le prince des voyages, publie un livre enchanteur.

« Les soirs de pleines lunes, les nuits sont habitées par nos rêves. Le désert de sel, qui brûle la peau, est submergé par les pluies. »
Gérardo Coca, dans son lit à baldaquin du désert d’Atacama, Chili

Le photographe nous entraîne dans une virée multicolore, mettant tous nos sens en éveil. Armé d’un appareil photo, d’éclairage de studio, de cordes, et de pinces à linge  il est parti — comme un chevalier — à la conquête de la sagesse des aînés. L’artiste a eu l’idée extraordinaire de convier les grands-parents du monde entier à se faire photographier dans une cabane réalisée à partir de leurs objets personnels.

Nous vous avons présenté un reportage, en octobre dernier, lors de notre rencontre avec Nicolas au Festival photo de la Gacilly. Vous avez été nombreux à être conquis.  À voir et revoir.

Si vous êtes en France, il y a deux expositions qui se tiennent jusqu’au début janvier : À la Gare routière d’Avignon et à Paris à l’Église Sainte-Merri (près de Beaubourg). Les photos sont mises en valeur dans une magnifique chapelle. Nicolas a même imaginé — comme lui seul sait le faire — une étonnante cabane.

Aux Cahiers de l’imaginaire, nous souhaitons être un maillon de la chaîne poétique de Nicolas Henry. Avec les créations en soie, en bois et en papier de Takumi Shimamura, nous avons créé une cabane dans la vitrine de notre galerie pour mettre en scène le livre du photographe qui vient tout juste de paraître chez Actes Sud, LES CABANES DE NOS GRANDS-PARENTS. Tourner les pages de ce livre, c’est comme enfourcher un balai pour survoler un monde incroyable.

Chaque photo, chaque page, est un fabuleux théâtre mettant en scène les rêves, les croyances et les réflexions de grands-parents ayant, au crépuscule de leur vie, un message à nous transmettre… Tendresse, amitié, amour, mélancolie, humour, ces messages méritent qu’on se les passe les uns aux autres. Le livre de Nicolas Henry est un merveilleux cadeau à offrir, à s’offrir, à partager…

Le livre LES CABANES DE NOS GRANDS-PARENTS est, entre autres, en vente aux Cahiers de l’imaginaire ainsi que toutes les photos de Nicolas en différents formats. Des photos prises à l’heure où le jour devient nuit, au moment où la lumière est si particulière, métaphore de son projet, de la passation si importante que les anciens ont à transmettre aux jeunes générations. Merci Nicolas pour ce très beau cadeau. Merci de mettre en lumière les grands-parents dans leur rôle d’éclaireurs.





Les Cahiers de l’imaginaire ont deux ans.

28 12 2011
Les Cahiers de l'imaginaire ont deux ans.

Les Cahiers de l'imaginaire ont deux ans.





Joie et Jeux

29 12 2011
Joie et jeux

Joie et jeux





Joyeuses fêtes !

29 12 2011
Joyeux Noël

Joyeux Noël





Belle et heureuse année 2012 !

31 12 2011

R É T R O S P E C T I V E

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Nous sommes nés à la fin de l’année 2009 au milieu d’un nénuphar aux pétales encore fermés. Pour une première éclosion, nous avons choisi une station balnéaire. La mer et les vents bretons nous faisaient envie. On s’est dit qu’un petit nid près du large était propice aux voyages imaginaires. Il serait l’incubateur parfait pour notre intention poétique. C’est ainsi que deux petits lieux furent imaginés pour loger les premières bases d’une grande idée : un cœur de création multimédia à Saint-Malo et une première galerie d’art contemporain à Dinard.

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Au début, notre apparence semblait étrange à plusieurs. Qui étions-nous ? Que faisions-nous ? Que vendions-nous ? Nous parlions de rêves, de désir, de beauté, d’art, d’intelligence collective…  De drôles de propos en période de crise…

À peine installés, nous avons créé un cercle de poètes bien vivants, d’hommes et de femmes ayant envie — tout comme nous — de participer à un monde inspirant.
Plus les mois passent, plus ce cercle s’élargit… Artistes du monde entier, collectionneurs, entrepreneurs, professeurs, étudiants… nous ont rejoints et participent à concrétiser ce rêve audacieux, artistique, humaniste et écologique.

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Grâce à nos ventes et à nos premiers partenariats, quelques projets de créations collectives ont été organisés  :

Les yeux grands ouverts avec Joelle Le Noan et ses tout-petits en classe de prématernelle à l’École Pablo-Picasso, Rennes. Petit film et livre électronique.

La Beauté avec trois professeurs d’art et de théâtre et les élèves de terminale du Lycée Saint-Magloire, Dol de Bretagne. Création et exposition.

Une première Boule à rêves créée par les auditeurs de la session pilote du Collège des Hautes Études de Développement Durable de Bretagne. Oeuvre collective.

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Nous avons aussi commencé à explorer ce pays fabuleux pour vous le faire découvrir. Le sud de la Bretagne nous a éblouis. La Gacilly et son Festival photo PEUPLES ET NATURE.

L’ART DANS LES CHAPELLES à Bieuzy-les-Eaux,

Christophe Cuzin, Chapelle des Hautes-Plaines, Lieu dit Le cloître L'art dans les chapelles, 2011©Photo : Stéphane CuissetPhoto : Stéphane Cuisset

L’art contemporain à La Cohue, musée des beaux-arts de Vannes et sa formidable installation INCANDESCENCE.

Quelques sauts à Paris pour partager nos coups de cœur comme le monumental LEVIATHAN d’Anish Kapoor exposé au Grand Palais l’été dernier.

Et nous avons maillé avec notre terre d’origine, le Québec. Le spécial Montréal, ville de création a permis de rencontrer conservateurs et commissaires artistiques passionnés d’art contemporain dans une ville qui vibre et devance les tendances.

Mille choses encore ont rempli les secondes, les minutes, les heures, les jours d’une année que vous pouvez revivre, avec nous !

P R O S P E C T I V E

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En 2012, MISONS SUR L’ART !

L’année sera faste en créations de toutes sortes ! Nos artistes et nos médiateurs sont en pleine forme et des nouveaux les rejoindront…. Rappelons-nous qu’acheter une œuvre par l’intermédiaire des Cahiers de l’imaginaire ou appuyer financièrement nos événements et nos projets permettent à cette belle idée de se déployer dans le respect de nos valeurs. Un geste qui nous rend acteurs !

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CRÉATION ET PÉDAGOGIE

ESC RENNES SCHOOL OF BUSINESS, retenez ce nom… des surprises innovantes vous attendent. Des étudiants et des professeurs passent à l’acte de la création collective.

COLLÈGE DES HAUTES ÉTUDES DE DÉVELOPPEMENT DURABLE… une deuxième Boule à rêves est en préparation.

ÉCOLE DES MÉTIERS DE L’ENVIRONNEMENT…. Rio +20, nous y serons… quand le rêve prend la parole !

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VOYAGES. VOYAGES.

Vous rêvez d’une francophonie vivante, créatrice, explosive… et d’un maillage poétique entre l’Afrique, la France et le Québec… Nous aussi ! Restez connectés ! 2012 est l’année du Forum de la francophonie qui se tiendra à Québec, un événement prometteur !

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RÊVER, DÉCOUVRIR, APPRENDRE, ÉCHANGER, S’ÉLEVER, PARTAGER…

Nous devenons de plus en plus nomades pour que les imaginaires s’entremêlent. Notre résolution pour la prochaine année : Vous donner envie de créer le BEAU et de participer à l’aventure collective.

Expositions, conversations, installations, architectures, littérature… De l’art à la science en passant par la technique, ce sera une année à marquer d’une pierre blanche pour le développement de notre média sur l’art et la création. Vous allez adorer !

MERCI DE VOTRE OUVERTURE, DE VOTRE CONFIANCE ET DE VOTRE SOUTIEN.

GRÂCE À VOUS,  NOTRE INTENTION POÉTIQUE SE VIVIFIE CHAQUE JOUR…  ENSEMBLE, NOUS INVENTONS DEMAIN !

VIVE 2012 !





Mathématiques, un dépaysement soudain

24 01 2012
L’expérience est trop belle, trop sensible, pour passer inaperçue. Il faut aller à Paris, boulevard Raspail à la Fondation Cartier pour l’art contemporain et se laisser glisser au creux du mystère qui — je vous préviens — ne sera pas élucidé ! Il s’agit d’une exposition remarquable qui nous fait entrer par la porte de l’art (mais pas seulement) dans la poétique et l’esthétique mathématique.
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 Catalogue de l’exposition.

Avant de consulter notre reportage dans ART TALKS… quelques citations pour vous ouvrir l’appétit…  immiscez-vous dans le cerveau de mathématiciens virtuoses et généreux… voici quelques citations de l’excellent catalogue de l’exposition. À savourer lentement…
INTRODUCTION À LA BIBLIOTHÈQUE DES MYSTÈRES

Raymond Depardon et Claudine Nougaret, Au Bonheur des Maths. Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris. Photo Olivier Ouadah.

Entre deux miroirs
« Deux miroirs semi-transparents : l’un cache derrière lui les tréfonds de votre esprit, l’autre fait écran entre l’Univers et vous. De multiples reflets de motifs lumineux vous submergent. Ces taches rouges sur l’écran sont-elles les restes d’une galaxie morte lointaine de plusieurs millions d’années-lumière qui se consument, ou bien votre vision mentale éblouie par les braises rougeoyantes de peurs et de désirs reptiliens, vieux de plusieurs millions d’années, dans une chambre cachée de votre cerveau ? Perdu… mais scrutant  profondément les ténèbres de l’espace anonyme, ni à l’extérieur de ce que vous appelez « moi-même », vous percevez des chuchotements sans son, des visions sans lumière —  l’Univers, se reflétant dans les miroirs des esprits des autres, essaie de vous parler dans un langage fait d’invisibles et silencieux cordons des symboles hiéroglyphiques. Douloureusement, avec effort, presque comme dans un rêve, vous vous  apercevez que les symboles sont des mots et les miroirs des livres. Vous entamez la lecture et votre conversation avec l’Univers commence. »
Misha Gromov
Les quatre mystères du monde

« Le premier mystère du monde est celui de la nature des lois de la physique. On pense à une structure rayonnant à partir d’un point unique, point de départ dont la seule caractéristique perceptible est une symétrie absolue, et cette symétrie se dilue et se dissipe au fur et à mesure que l’univers est déchiffré par l’observation humaine.

Le deuxième mystère est celui de la vie. La structure symétrique de la matière physique, se dissipant, évolue vers un autre type de structure, condensée en Îlots de réalité dans l’exponentielle immensité des potentialités.

Le troisième mystère réside dans le rôle du cerveau. Une masse de matière organique, qui s’est développée accidentellement et apparemment amorphe, est capable, en suivant des voies dictées par la physique, de sélectionner une réponse adéquate dans un ensemble doublement exponentiel de possibilités (peut-être imaginaires ?).

La seule manière de représenter l’une ou l’autre de ces trois structures dans un format que l’esprit (ou le cerveau ?) humain puisse appréhender est de construire des modèles mathématiques. Pratiquement tout ce que nous voyons en mathématiques aujourd’hui a évolué sous l’influence du premier de ces trois mystères. Les mathématiciens cherchent toujours et encore la symétrie ultime de l’univers rapportée à l’entendement humain. Mais rien de tel n’a jamais été à même d’élucider les structures de la vie et de l’esprit (ou du cerveau).

Et voici qu’apparaît le quatrième mystère, celui de la structure mathématique. Pourquoi et quand apparaît-elle ? Comment pouvons-nous la modéliser, et comment le cerveau parvient-il à l’élaborer, à partir du chaos des inputs externes ? »

Misha Gromov
La table est mise, la conversation peut commencer entre mathématiciens et artistes.

Ergo-Robots : curiosité artificielle et langage. Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris. Photo Olivier Ouadah.

Un rêve mathématique ?
NICOLE EL KAROUI « Je me souviens mieux d’une angoisse de petite fille devant le zéro. Il me semblait que ce symbole était le signe d’une transparence majeure, surtout pour une fille : nommer le vide, lui donner de la consistance, même Dieu n’avait pas fait cela. En même temps, ce cercle dont l’intérieur était vide, ce cerceau me semblait l’entrée d’un univers mystérieux, très attractif, promesse d’une pensée virevoltante et sans limite… Alice au pays de merveille… »
Un sentiment scientifique ?
TAKESHI KITANO «Ce qu’il y a particulièrement extraordinaire dans la science, c’est qu’elle peut être autour de nous — y compris de vous et moi — sans que nous le remarquions. »
Le cinquième mystère ?
PATTI SMITH « La poésie. »
HIROSHI SUGIMOTO  « Le temps. »
TADANORI YOKOO « Le sort et le destin. »
BEATRIZ MILHAZES « L’amour et la passion. »
RAYMOND DEPARDON et CLAUDINE NOUGARET « Cette incroyable joie que les mathématiciens dégagent. »

Ce qui fait frémir les mathématiciens… 
« Ce qui fait frémir les mathématiciens, ou qui les met carrément en transe, ce ne sont pas les images ou les arrangements de syllabes, ce sont les relations entre objets mathématiques, les symétries inattendues, les liens invisibles. Des relations si belles que l’on est tout de suite convaincu de leur réalité, frappé par une aveuglante évidence. Qu’est-ce qui est beau pour un mathématicien ? ou pour un scientifique ?
Lord Kelvin parlait avec émerveillement du « grand poème mathématique » de Fourier. Un poème de concepts, où l’on représente géométriquement les signaux de toute sorte, où même le feu est régi par des équations, où un univers d’une complexité insondable se résume en quelques formules biens senties. La concision, la puissance, le pouvoir explicatif font partie de la beauté mathématique.
Les équations aux dérivés partielles sont puissantes car elles résument en un objet compact un monde continu d’une complexité d’une complexité effarante, et elles se retrouvent dans tous les aspects du monde. Les équations aux dérivées partielles, depuis le premier jour du monde jusqu’à la fin du monde… »
Cédric Villani
Mathématiques, un dépaysement soudain est un bel exemple d’intelligence collective. L’idée d’avoir réuni ces grands chercheurs et artistes en leur laissant la liberté de faire rêver même ceux qui n’entendent rien aux mathématiques… est une idée formidable.
Chacun a apporté à cette exposition sa touche de poésie, son regard intime, ses connaissances, sa créativité… l’ensemble est un festin qui permet à chacun de poursuivre le rêve et les questionnements… pour appréhender l’étendue des mystères qui nous entourent et nous façonnent.
Pour lire la suite… notre reportage dans ART TALKS.
Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris
du 21 octobre 2011 au 18 mars 2011




NEWS 5 janvier 2012

31 12 2011





Chroniques d’une disparition

1 02 2012

Image du film, The Time that remains (Le temps qu'il reste)

Février sera sous le signe de l’ART et du MOUVEMENT aux Cahiers de l’imaginaire… mais avant de faire le saut… si on faisait une pause pour bien prendre conscience du temps qui passe. Pour ceux parmi vous qui avez la chance d’être à Montréal ou d’y passer d’ici la mi-mai… offrez-vous cette méditation… dans un des beaux lieux d’art contemporain du Vieux-Montréal. Le commissaire artistique, John Zeppetelli nous a, une fois de plus, concocté une très belle exposition, pleine de sens à divers degrés.

Les pertes, les deuils qui nous font prendre conscience de l’importance du temps qu’il reste, et de ce que nous en faisons…

Dans le cadre de son exposition Chroniques d’une disparition, qui rassemble des oeuvres d’Omer Fast, Teresa Margolles, Philippe Parreno, Taryn Simon et José Toirac, DHC/ART, fondation pour l’art contemporain présente deux films du célèbre réalisateur palestinien Elia Suleiman.

The Time that Remains, 2009 (Le temps qu’il reste) 7 février à 19 h
Chronicle of a Disappearance (Chronique d’une disparition) 8 février à 19 h.

Entrée libre
Auditorium Maxwell-Cummings
Pavillon Michal et Renata Hornstein
Musée des beaux-arts de Montréal
1379, rue Sherbrooke Ouest
Montréal

Elia Suleiman  est né à Nazareth en 1960. Il a coréalisé ses premières vidéos avec Jayce Salloum à New York, où il a vécu entre 1982 et 1993. Son premier long métrage, Chronique d’une disparition , est le récit de son retour en Israël et en Cisjordanie après son long exil à New York ; il l’a réalisé durant le temps où il enseignait à l’Université de Bir Zeit, près de Ramallah. La situation israélo-palestinienne est au centre des films autobiographiques de Suleiman, qui recréent et « performent » les problèmes et les conflits de cette terre et de son peuple avec un humour plein d’ironie, en général silencieux, et dont le burlesque est empreint de sobriété, à la manière de Buster Keaton ou de Jacques Tati. Elia Suleiman a remporté de nombreuses récompenses, dont le Prix du jury au Festival de Cannes 2002 pour son second long métrage, Divine Intervention: a Chronicle of Love and Pain  (2002), et le Prix du meilleur premier film à la Mostra de Venise en 1996, pour Chronique d’une disparition.

Le temps qu’il reste  (2009) « est un film semi-autobiographique en quatre épisodes sur une famille, ma famille, de 1948 jusqu’à dernièrement. Le film s’inspire du journal intime de mon père, qui débute lorsqu’il combattait dans la résistance, en 1948, et des lettres de ma mère aux membres de la famille qui avaient été contraints de quitter le pays. Entremêlant mes souvenirs intimes de mes proches et ceux partagés avec eux, le film tente un portrait de la vie quotidienne des Palestiniens qui sont restés et ont été étiquetés “ Arabes israéliens ”, membres d’une minorité dans leur propre patrie. » Elia Suleiman

Chronique d’une disparition  (1996) est une méditation approfondie à propos de la vie des Palestiniens sur la « Terre sainte ». L’histoire se déroule en une série de saynètes enlevées avec grâce et non sans ironie, réparties en deux volets qui expriment les ambitions du film sur le plan formel : Nazareth, une chronique personnelle ; Jérusalem, une chronique politique. Utilisant un large éventail d’impressions pour situer la disparition du moi au sein d’une disparition de l’État, le film se sert de la répétition et de la fragmentation comme d’un outil poétique qui demande au public de déchiffrer la pluralité de son sens et de sa trame.

Deux films projetés dans le cadre de l’importante exposition collective thématique, orchestrée par le commissaire John Zeppetelli, CHRONIQUES D’UNE DISPARITION. L’exposition explore différentes notions de disparition articulées autour des sphères personnelle, sociale et politique. Toutes les œuvres mettent en scène le deuil, l’absence et la perte, et les conceptualisent dans des récits associatifs denses qui dévoilent le caché et l’inaccessible, ou ce que l’on soustrait au regard.

Filmée en 70 mm et transposée numériquement sur un très grand écran, June 8, 1968 (2009), cette obsédante et somptueuse installation filmique de sept minutes signée Philippe Parreno, reconstitue le voyage en train le 8 juin 1968, de New York à Washington, du cercueil dans lequel reposait la dépouille du sénateur assassiné Robert Kennedy. Le film se compose littéralement d’une série de travellings réalisés du point de vue du train et de la dépouille qu’il transporte. L’immense projection crée une équivalence d’échelle entre le public en train de regarder la foule endeuillée et silencieuse qui longe la voie ferrée, et cette foule qui, en retour, regarde le public.

An American Index of the Hidden and Unfamiliar (2007), l’inventaire photographique magistral de Taryn Simon sur ce qu’on ne peut pas ou ne se permet pas de voir dans les domaines de la science, du gouvernement, de la sécurité et de la nature, révèle ce qui constitue les fondements du fonctionnement et de la mythologie aux États-Unis. Avec leur composition formelle et leur éclairage précis, ces photographies d’objets normalement inatteignables ou d’endroits inaccessibles s’accompagnent de textes spécifiques qui les mettent en contexte. Avec une grande acuité analytique, ce travail expose ultimement, dans des déclinaisons fortes et troublantes, ce qui est à la base de la société américaine.

Le film 5000 Feet is the Best (2011) de l’artiste Omer Fast s’appuie sur des interviews avec un opérateur américain de Predator, un drone de l’armée de l’air américaine; celui-ci décrit des incidents au cours desquels des militants et des civils ont été victimes de tirs au Pakistan et en Afghanistan, et évoque les profondes blessures psychologiques qui en ont découlé. Le film est un mélange brillant de faits et de fiction, qui fait voir certains aspects techniques du travail tout en offrant des digressions narratives fascinantes. Avec sa structure presque circulaire, l’œuvre revient toujours au noyau central des interviews avec un pilote à la fois réel et fictif. Dans ce qui ressemble de manière alarmante à un jeu vidéo, le pilote peut être basé à Las Vegas et diriger des drones meurtriers à mi-chemin du bout du monde. Tels sont les bouleversements de la guerre moderne.

L’œuvre conceptuelle à un seul écran de l’artiste cubain José Toirac, Opus (2005), présente un discours réaménagé du leader controversé Fidel Castro, de plus en plus discret depuis sa retraite en 2008, où tout, sauf les nombres, a été effacé de la bande sonore. Ces déclarations emportées sur les nombres, empreintes d’envolées rhétoriques, se présentent comme une litanie sans fin dont les représentations visuelles d’un blanc éclatant apparaissent sur un écran noir. L’artiste réduit les divagations de Castro en quantifications incompréhensibles de gains, de pertes ou de prévisions, réduisant ainsi la politique à une spirale infinie et à des faux-fuyants.

Plancha (2010) de l’artiste mexicaine Teresa Margolles est, à première vue, une sculpture minimaliste apparemment innocente, mais elle peut livrer un puissant impact émotionnel par son utilisation dérangeante de substances corporelles et par son évocation d’événements très traumatisants. De l’eau tombe goutte à goutte du plafond pour frapper des surfaces métalliques chauffées et s’évaporer immédiatement. Provenant d’une morgue de Mexico où l’artiste a travaillé, cette eau sert à nettoyer les cadavres, dont probablement ceux de victimes de meurtres, alors que les plaques d’acier rappellent une table d’opération. À l’aide de quelques éléments concrets, Margolles réussit à reconstituer brillamment non seulement le corps humain après la mort, mais aussi et surtout le passage final de la présence à l’absence.

DHC/ART, fondation pour l’art contemporain
451 – 465, rue Saint-Jean
Montréal

19 janvier au 13 mai 2012.





La vie est un mystère.

1 02 2012
News 25 janvier 2012

News 25 janvier 2012





La curiosité, l’art et le mouvement

5 02 2012





Pas à Pas

5 03 2012





Danser, danser, danser

5 03 2012





TCIKITANAW ou la plus haute montagne

5 04 2012

Il n’y a pas d’âges pour observer la nature et y puiser une sagesse infinie. C’est ce que montre avec finesse, simplicité et poésie, le film d’une réalisatrice québécoise que nous aimons beaucoup aux Cahiers de l’imaginaire, ANNE ARDOUIN. Son film documentaire a été présenté dans le cadre de la semaine des médias autochtones à l’Université de Montréal en mars dernier et sera présenté à l’Université du Québec à Trois-Rivières le 18 avril.

Le film d’Anne, directrice de Projetto (culture, paysage, milieu de vie) et doctorante à la Faculté de l’Aménagement de l’Université de Montréal, Tcikitanaw, (la plus haute montagne) prend la mesure du chemin parcouru par d’anciens adolescents et contemple l’horizon de leurs rêves. Il a été réalisé dans un contexte de valorisation culturelle de l’espace de vie.

La projection sera suivie d’une discussion en présence de la réalisatrice et de Paul-Yves Weizineau de l’équipe de direction du film et agent de prévention de la toxicomanie aux Services de santé d’Opitciwan.

C’est à la demande des Services de santé d’Opitciwan qu’Anne Ardouin réalisa Awacak en 1997 et qu’elle récidive maintenant avec Tcikitanaw. Passionnée des relsations entre les êtres humains, les identités et les territoires, elle dirige l’organisme sans but lucratif Projetto qu’elle a fondé en 2005. Elle y a développé plusieurs projets liant culture et mise en valeur des milieux de vie.

Prochain rendez-vous à Trois-Rivières : Mercredi 18 avril 2012 à 15h30 — Amphithéâtre 1102, UQTR

Un projet se prépare avec Les Cahiers de l’imaginaire, dans quelques mois vous pourrez  voir ce film magnifique et échanger avec la réalisatrice et les acteurs et d’autres surprises… encore un peu de patience !








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