Les Laboratoires créatifs nomades des Cahiers de l’imaginaire sont des lieux de réflexions et de créations reposant sur des approches novatrices d’intelligence collective. Un de nos premiers partenaires dans cette aventure est l’École des Métiers de l’Environnement, une école jeune et dynamique qui prépare les ingénieurs aux nouveaux métiers de l’environnement.
Un comité pédagogique a été constitué par la directrice de l’EME, Madame Marie-Dominique de Cayeux. Une petite équipe soudée s’est formée autour d’elle : la directrice de la communication, Pascale Esnée, le directeur des relations internationales, Thomas Hull, les enseignants Anne Cikankowitz, responsable du développement durable, Gérard Huillery, chargé de mission et des projets périscolaires et deux membres de l’équipe des Cahiers de l’imaginaire, Pierre Guité et moi-même.
En préparation du prochain sommet de la terre RIO+20, des étudiants de troisième année se mobilisent pour un monde responsable. Leur premier pas a été de rêver ensemble.
Dans quelle société souhaitent-ils vivre ? Que faire pour que les choses s’améliorent ? Quels stratégies adoptées pour que les résultats soient positifs dans vingt ans, voire dans quarante ?
On ne choisit pas une École des Métiers de l’Environnement par hasard. Nos étudiants ont des idéaux. Ils souhaitent s’engager pour construire un monde responsable… Ils tiennent à lutter contre les inégalités. Ils ont envie de vivre dans une société où les gens sourient, sont heureux. Ils ne veulent plus de guerres. Ils espèrent vivre dans un monde différent. Voici leurs vœux :
« Que les modes de vie durables et respectueux de notre planète deviennent une habitude. »
« Stop à la malnutrition. Aide aux pays en difficulté. »
« Que l’argent ne soit plus le centre de la vie, des décisions. »
« Que le commerce équitable soit généralisé à tous les pays du tiers monde. »
« Que tous les hommes respectent la nature qui les entoure sans pénaliser leur développement. »
« Que le monde soit équitable, viable et vivable. »
APRÈS LE RÊVE, LA RÉFLEXION
Portés par leurs idéaux, ils ont identifié six enjeux pour lesquels il leur semblent essentiel de s’engager : La Biodiversité, l’Eau, l’Énergie, le Gaspillage, l’Obsolescence programmée et la Répartition des richesses.
Pour chacune de ces thématiques, ils font des recherches, consultent leurs professeurs et des experts. Ils observent et s’interrogent. Vous pouvez consulter leurs travaux sur le blogue du projet, en cliquant sur Teams & Issues.
Pour les aider à mieux cerner leur problématique et à comprendre les interactions entre les différents enjeux, nous avons invité quatre grands scientifiques à parrainer notre laboratoire créatif : SUREN ERKMAN, JEAN JOUZEL, JEAN-MARIE PELT, GHISLAIN de MARSILY.
Notre approche vise à les aider à créer du lien entre eux, avec d’autres jeunes, leurs professeurs, des spécialistes et le public et à mettre en contexte les événements locaux, nationaux et internationaux. Nous souhaitons les encourager à mieux travailler ensemble en se sentant solidaires de leur école, de leur communauté, de leur pays, de l’Europe et du monde. L’intelligence collective se développe dans l’expérience vécue, observée, analysée et partagée. C’est une méthode où la réflexion et l’action alternent en continu.
Notre démarche valorise les apprentissages techniques en les liant étroitement au développement de qualités humaines et au respect de valeurs fondamentales. Ils ont la responsabilité d’interagir et de communiquer avec les autres tout au long du laboratoire créatif. Deux verbes-clés guident ces apprentissages : RECEVOIR et DONNER.
Toute connaissance acquise lorsqu’elle est enrichissante mérite d’être partagée avec le plus grand nombre. Pour l’élève, la stratégie est gagnante à plusieurs niveaux. En plus de l’aider à développer ses talents de communicateur, elle stimule sa mémoire. Le fait de devoir retransmettre, au fur et à mesure, les nouvelles connaissances acquises favorise une meilleure rétention.
L’autre aspect essentiel de cette approche pédagogique est l’intelligence émotionnelle. Privée d’émotions, la mémoire flanche. Les émotions ont des influences déterminantes dans le développement des individus. La dimension émotionnelle du projet contribue au développement personnel de chaque élève et, par conséquent, à une plus grande motivation et réussite dans les autres cours.
Avec une telle approche, l’étudiant se développe, plus consciemment et positivement, sous l’influence du collectif. Le projet permet l’accumulation et l’exploitation d’un ensemble de savoir-faire et de valeurs communes afin que la dimension culturelle donne sa pleine mesure, la culture étant ce qui s’inscrit de manière durable dans les esprits.
Le fait de créer ensemble et de le partager hors les murs de l’école représente des moments forts qui resteront marqués dans leur mémoire. Le laboratoire créatif doit être associé à la notion de plaisir dans l’effort. Les conditions de réussites du projet reposent sur la joie, la confiance, l’échange, l’engagement, la rigueur et la discipline des participants. Créer est stimulant, mais exige du travail. Notre meilleur indicateur de performance est lorsque chaque élève prend conscience que son intelligence et ses talents se sont développés davantage grâce à la synergie d’un groupe motivé.
En composant la chanson-thème, Our Generation Cares, pour leur projet RIO+20 et en imaginant le jeu Green Pursuit pour évaluer les connaissances du public en développement durable, ils tissent des liens entre eux et avec le public. Leur participation, le 9 mai, à la journée de l’Europe à Rennes en est un bel exemple.
Le lundi 14 mai, ils ont eu la chance de passer tout un après-midi avec leur parrain scientifique, Ghislain de Marsily à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris VI).
De grands sujets ont été abordés autour du rapport DÉMOGRAPHIE, CLIMAT ET ALIMENTATION MONDIALE co-dirigé par l’hydrologue Ghislain de Marsily et le démographe Henri Leridon, deux professeurs émérites, membres de l’Académie des Sciences de l’Institut de France.
Il est primordial pour de futurs ingénieurs de mieux comprendre la société et de prendre en compte ce qui a déjà été accompli avant d’imaginer des pistes de solutions pour l’avenir.
Les ressources limitées de la planète obligent à repenser nos modes de production et de consommation. L’alimentation mondiale est au cœur des préoccupations. Plus d’un milliard d’êtres humains sont sous-alimentés de façon chronique .
Les problèmes d’eau sont étroitement liés aux problèmes alimentaires, puisque l’alimentation mondiale représente plus de 96% de la consommation d’eau. Le rapport montre à quel point il est urgent de réfléchir en créant des liens entre l’agriculture, la santé et l’environnement.
La conversation entre un scientifique de haut niveau et des jeunes passionnés par le développement durable et la répartition des richesses a été très enrichissante. Cet échange leur a permis de mieux saisir les grands enjeux.
Est-ce éthique de continuer à manger autant de viande lorsqu’on constate l’énorme dépense en ressources agricoles et énergétiques ? Comment changer nos habitudes alimentaires ? Quels rôles peuvent jouer les gouvernements ? La publicité ? Comment encourager une agriculture qui, tout en étant respectueuse de l’environnement et de la protection de la biodiversité, permet de nourrir l’ensemble des êtres humains sur terre ? Comment éviter le gaspillage de la nourriture ? Comment encourager plus de recherche dans le domaine de la nutrition ?
Les futurs ingénieurs ont aussi été sensibilisés par Monsieur de Marsily à l’importance de l’éducation des filles. Une femme éduquée fait généralement moins d’enfants. Mettre des enfants au monde est une responsabilité importante dans le contexte mondial actuel.
Qu’en est-il de la gouvernance mondiale ? La conférence de Rio contribuera-t-elle à faire avancer les choses dans la bonne direction ? L’Organisme mondial de l’environnement (OME) sera-t-il enfin créé ?
Et en France, que fait-on ? Une étudiante a profité de la spécialité du professeur pour lui demander les stratégies prévues par le pays pour stocker les déchets nucléaires. Le groupe a eu droit à un exposé détaillé et d’une certaine manière rassurant. Bure représenterait le site idéal grâce à ses mines d’argile et la technique trouvée pour les encapsuler.
Bref, les étudiants ont quitté Jussieux la tête pleine de réflexions et de questions pour leurs futures recherches. Ils ont appris des choses stratégiques concernant l’avenir de la planète. Ils ont fait la connaissance d’un scientifique passionné qui leur a accordé la même importance que s’il avait conversé avec les dirigeants d’un pays.
C’est un objectif central de nos laboratoires créatifs nomades de multiplier les rencontres intergénérationnelles, multiculturelles et multidisciplinaires afin que nous nous mobilisions autour de valeurs fortes qui seront le socle de cette nouvelle société en émergence.
Pour nos équipes, l’aventure se poursuit. Le prochain périple se déroulera avec une entreprise sociale exemplaire, LA FEUILLE D’ÉRABLE, partenaire de notre laboratoire créatif nomade à l’EME. Il est essentiel de bien définir les enjeux, mais ensuite que peut faire concrètement un futur ingénieur ?
Les entreprises françaises qui souhaitent soutenir notre Laboratoire créatif à l’EME peuvent reverser une partie de leur taxe d’apprentissage ou faire un don à la fondation de l’EME en précisant leur désir d’appuyer le laboratoire créatif. Ils seront associés à la vidéo qui retracera les grandes étapes du projet.
Vous pouvez aussi acquérir une œuvre d’art contemporain à la galerie des Cahiers de l’imaginaire, une partie de la somme sera allouée au laboratoire créatif de votre choix. Aidez-nous à former la relève de belles manières… Engageons-nous.
Sylvie Gendreau, fondatrice des Cahiers de l’imaginaire










































































































































Un été extra !
10 08 2011Commentaires : Laisser un Commentaire »
Tags : Jean Paul Gaultier, Visite commentée de l'exposition sur le grand créateur français
Catégories : 8.9 août 2011