Humour et créativité: Deux alliés

 

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Dessin : Pierre Guité. Humour et créativité par Sylvie Gendreau, Votre laboratoire créatif, Les Cahiers de l’imaginaire.

 

Des études menées auprès d’étudiants universitaires au Pakistan tendraient à le démontrer. Mais qu’est-ce que l’humour ? Une performance gestuelle ou verbale qui peut être considérée comme amusante et qui suscite le rire chez autrui. Il s’agit d’un processus cognitif qui nécessite de la créativité et une connaissance des stimuli capables de provoquer des réactions émotionnelles d’amusement et de plaisir.

Plusieurs paramètres sont en jeu : la diversité, la mise en relation d’éléments à première vue disparates, la perception visuelle et le sens du symbole, la mise en scène d’éléments non conventionnels ou au contraire d’éléments connus mais tributaires d’un sens nouveau, l’extraversion. Les performances humoristiques ne sont hélas pas toujours réussies. Il n’est pas donné à tous d’avoir le sens de l’humour, cela requiert un certain talent et beaucoup d’effort. On peut faire preuve de plusieurs types d’humour : humour à la britannique ‘pince-sans-rire’, humour noir, humour sarcastique, humour subtil ou gras…

L’étude des chercheurs pakistanais menée auprès de 300 étudiants universitaires démontre que le sens de l’humour serait effectivement un très bon indicateur de notre niveau de créativité. L’effet peut aussi être inversé. On peut améliorer notre score en créativité en participant à des activités réalisées dans un climat social enjoué ou lorsque nous sommes témoins d’un film ou d’un spectacle humoristique.

Les neurosciences s’intéressent à l’humour et le cerveau depuis un certain temps déjà. Deux chercheurs de l’université de Southern California ont fait une recherche sur La genèse neuronale d’une blague. En étudiant les cerveaux d’une vingtaine de comédiens spécialisés dans l’improvisation, Irving Biederman et Ori Amir auraient déterminé les zones qui s’activent dans le cerveau au moment de faire une blague. Pour réussir une blague, un humoriste cherche des liens entre des idées opposées ou distinctes. La zone du cerveau qui s’y rapporte verrait ainsi son activité s’intensifier. Une autre région cérébrale, le striatum ventral, s’activerait aussi, c’est la zone associée aux récompenses. Et plus les sujets pensent que leurs blagues sont drôles, plus cette zone s’échauffe, semble-t-il. (2)

Nous savions que rire et sourire tous les jours étaient excellents pour notre santé. Les études publiées au cours des dernières années démontrent que l’humour permet de réduire le stress et de stimuler la mémoire à court terme chez les personnes âgées. Une étude menée à l’Université Loma Linda en Californie du Sud avec des personnes âgées qui ont regardé une vidéo drôle pendant 20 minutes sans distraction, tandis qu’un autre groupe témoin était assis calmement sans vidéo. Ils ont ensuite effectué des tests de mémoire et analysé des échantillons de salive pour les hormones de stress. Ceux qui ont ri en regardant la vidéo ont obtenu de meilleures notes aux tests de mémoire à court terme. « La capacité d’apprentissage et de rappel différé devient plus difficile en vieillissant », a déclaré l’auteur de l’étude, le Dr Gurinder S. Bains. « Rire avec des amis ou même regarder 20 minutes d’humour à la télévision ou sur Internet aiderait à faire face aux facteurs de stress quotidiens. »

Si l’humour réduit les hormones de stress, abaisse la pression artérielle, et améliore notre humeur comme l’affirme le Dr Lee Berk, un co-auteur de l’étude et professeur associé d’Allied Heath. « L’acte de rire —ou tout simplement profiter de l’humour— augmente les endorphines qui envoie de la dopamine au cerveau, procurant un sentiment de plaisir et de récompense, qui, à son tour, stimule le système humanitaire. (3)

Plus étonnant encore, même un sourire forcé permettrait de réduire le stress. Deux chercheuses en psychologie, Tara Kraft et Sarah Pressman, de l’université du Kansas, ont demandé à 169 étudiants de se mettre des baguettes dans la bouche afin de simuler une expression faciale. Pour ne pas fausser les résultats, les participants ignoraient le but véritable de l’expérience. Les chercheuses ont mesuré les rythmes cardiaques tout au long de l’expérience et ont découvert que les sujets au sourire forcé avaient un rythme cardiaque plus lent que ceux qui avaient une expression neutre. Voilà qui devrait nous encourager à sourire même si on ne se sent pas particulièrement heureux, notre humeur suivra le sourire au lieu de le précéder ! (4)

Selon le Dr Michael Lewis, psychologue à l’Université de Cardiff : « Le cerveau évalue l’humeur selon les muscles faciaux » Charles Darwin a été l’un des premiers à proposer l’hypothèse que nos expressions pouvaient intensifier nos sentiments. Cette théorie est connue comme la «boucle de rétroaction ». Des études distinctes démontrent aussi que des personnes souffrant de paralysie faciale, n’ayant pas la capacité de sourire, souffrent davantage de dépressions. (5)

Vous souhaitez réduire votre niveau de stress et accroître votre créativité ? Pensez à sourire!


SOURCES

(1) Ghayas, S. Et all. Sense of Humor as Predictor of Creativity Level in University Undergraduates. Journal of Behavioural Sciences, Vol. 23, No. 2, 2013.
(2) https://www.theguardian.com/science/2014/nov/14/brain-joke-funny-comedians
(3) http://abcnews.go.com/Health/laughing-makes-brain-work-study-finds/story?id=23393053
(4) http://www.psychologicalscience.org/index.php/news/releases/smiling-facilitates-stress-recovery.html
(5) http://www.netdoctor.co.uk/healthy-living/wellbeing/a10633/benefits-of-smiling/

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