Articles par Sylvie Gendreau

auteure de La Cité des Intelligences et de L'École des désirs, fondatrice des Cahiers de l'imaginaire et présidente de Gendreau communications

Le monde est un Lab. #SocialGoodWeek2016

 

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À l’occasion de la #Social Good Week 2016, la revue de décembre du Cube, création numérique à Paris foisonne d’articles intéressants qui donnent des pistes et des clés pour agir. Je vous invite à la lire entièrement, plus de 40 contributeurs qui apportent des éclairages différents et complémentaires. Des perspectives qui aident à voir les choses telles qu’elles sont, tout en donnant espoir sur ce que nous pourrions changer.

Pour ma part, je reste sur mes thèmes de prédilection: Intelligence collective et Créativité. Ce petit clou fragile qu’il faut enfoncer encore et encore.

Bonne lecture.

Humour et créativité: Deux alliés

 

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Dessin : Pierre Guité. Humour et créativité par Sylvie Gendreau, Votre laboratoire créatif, Les Cahiers de l’imaginaire.

 

Des études menées auprès d’étudiants universitaires au Pakistan tendraient à le démontrer. Mais qu’est-ce que l’humour ? Une performance gestuelle ou verbale qui peut être considérée comme amusante et qui suscite le rire chez autrui. Il s’agit d’un processus cognitif qui nécessite de la créativité et une connaissance des stimuli capables de provoquer des réactions émotionnelles d’amusement et de plaisir.

Plusieurs paramètres sont en jeu : la diversité, la mise en relation d’éléments à première vue disparates, la perception visuelle et le sens du symbole, la mise en scène d’éléments non conventionnels ou au contraire d’éléments connus mais tributaires d’un sens nouveau, l’extraversion. Les performances humoristiques ne sont hélas pas toujours réussies. Il n’est pas donné à tous d’avoir le sens de l’humour, cela requiert un certain talent et beaucoup d’effort. On peut faire preuve de plusieurs types d’humour : humour à la britannique ‘pince-sans-rire’, humour noir, humour sarcastique, humour subtil ou gras…

L’étude des chercheurs pakistanais menée auprès de 300 étudiants universitaires démontre que le sens de l’humour serait effectivement un très bon indicateur de notre niveau de créativité. L’effet peut aussi être inversé. On peut améliorer notre score en créativité en participant à des activités réalisées dans un climat social enjoué ou lorsque nous sommes témoins d’un film ou d’un spectacle humoristique.

Les neurosciences s’intéressent à l’humour et le cerveau depuis un certain temps déjà. Deux chercheurs de l’université de Southern California ont fait une recherche sur La genèse neuronale d’une blague. En étudiant les cerveaux d’une vingtaine de comédiens spécialisés dans l’improvisation, Irving Biederman et Ori Amir auraient déterminé les zones qui s’activent dans le cerveau au moment de faire une blague. Pour réussir une blague, un humoriste cherche des liens entre des idées opposées ou distinctes. La zone du cerveau qui s’y rapporte verrait ainsi son activité s’intensifier. Une autre région cérébrale, le striatum ventral, s’activerait aussi, c’est la zone associée aux récompenses. Et plus les sujets pensent que leurs blagues sont drôles, plus cette zone s’échauffe, semble-t-il. (2)

Nous savions que rire et sourire tous les jours étaient excellents pour notre santé. Les études publiées au cours des dernières années démontrent que l’humour permet de réduire le stress et de stimuler la mémoire à court terme chez les personnes âgées. Une étude menée à l’Université Loma Linda en Californie du Sud avec des personnes âgées qui ont regardé une vidéo drôle pendant 20 minutes sans distraction, tandis qu’un autre groupe témoin était assis calmement sans vidéo. Ils ont ensuite effectué des tests de mémoire et analysé des échantillons de salive pour les hormones de stress. Ceux qui ont ri en regardant la vidéo ont obtenu de meilleures notes aux tests de mémoire à court terme. « La capacité d’apprentissage et de rappel différé devient plus difficile en vieillissant », a déclaré l’auteur de l’étude, le Dr Gurinder S. Bains. « Rire avec des amis ou même regarder 20 minutes d’humour à la télévision ou sur Internet aiderait à faire face aux facteurs de stress quotidiens. »

Si l’humour réduit les hormones de stress, abaisse la pression artérielle, et améliore notre humeur comme l’affirme le Dr Lee Berk, un co-auteur de l’étude et professeur associé d’Allied Heath. « L’acte de rire —ou tout simplement profiter de l’humour— augmente les endorphines qui envoie de la dopamine au cerveau, procurant un sentiment de plaisir et de récompense, qui, à son tour, stimule le système humanitaire. (3)

Plus étonnant encore, même un sourire forcé permettrait de réduire le stress. Deux chercheuses en psychologie, Tara Kraft et Sarah Pressman, de l’université du Kansas, ont demandé à 169 étudiants de se mettre des baguettes dans la bouche afin de simuler une expression faciale. Pour ne pas fausser les résultats, les participants ignoraient le but véritable de l’expérience. Les chercheuses ont mesuré les rythmes cardiaques tout au long de l’expérience et ont découvert que les sujets au sourire forcé avaient un rythme cardiaque plus lent que ceux qui avaient une expression neutre. Voilà qui devrait nous encourager à sourire même si on ne se sent pas particulièrement heureux, notre humeur suivra le sourire au lieu de le précéder ! (4)

Selon le Dr Michael Lewis, psychologue à l’Université de Cardiff : « Le cerveau évalue l’humeur selon les muscles faciaux » Charles Darwin a été l’un des premiers à proposer l’hypothèse que nos expressions pouvaient intensifier nos sentiments. Cette théorie est connue comme la «boucle de rétroaction ». Des études distinctes démontrent aussi que des personnes souffrant de paralysie faciale, n’ayant pas la capacité de sourire, souffrent davantage de dépressions. (5)

Vous souhaitez réduire votre niveau de stress et accroître votre créativité ? Pensez à sourire!


SOURCES

(1) Ghayas, S. Et all. Sense of Humor as Predictor of Creativity Level in University Undergraduates. Journal of Behavioural Sciences, Vol. 23, No. 2, 2013.
(2) https://www.theguardian.com/science/2014/nov/14/brain-joke-funny-comedians
(3) http://abcnews.go.com/Health/laughing-makes-brain-work-study-finds/story?id=23393053
(4) http://www.psychologicalscience.org/index.php/news/releases/smiling-facilitates-stress-recovery.html
(5) http://www.netdoctor.co.uk/healthy-living/wellbeing/a10633/benefits-of-smiling/

Les histoires arrivent à ceux qui savent les raconter.

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Photo : Pierre Guité. Les histoires arrivent à ceux qui savent les raconter. Par Sylvie Gendreau, Votre laboratoire créatif, Les Cahiers de l’imaginaire.

D’entrée de jeu, Jerome Bruner cite Henry James : « Stories happen to people who know how to tell them. » En d’autres mots, à ceux qui savent les raconter, les bonnes histoires prennent corps dans la réalité.

Si l’on applique cette formule à notre propre existence : raconter sa vie, c’est la construire.

À première vue, cette hypothèse peut sembler irrationnelle, mais elle met de l’avant une propriété très importante de l’intellect humain : sa propension à constamment construire et inventer des mondes. Ainsi, le récit de soi, l’autobiographie véritable serait non pas la somme ou le registre de ce que nous avons vécu, mais l’interprétation et la réinterprétation constantes de ce que nous sommes en train de vivre. Le récit de soi deviendrait ainsi un exercice permanent visant à consolider et à donner un sens à tout ce que nous sommes en train de vivre.

La vie —et le récit qu’on en fait— donneraient lieu à un échange permanent en vertu duquel la vie s’inspirerait du récit, et le récit s’inspirerait à son tour de la vie.

De fait, lorsque quelqu’un vous raconte sa vie, il s’agit toujours d’une construction mentale, d’une histoire, et non d’un compte rendu clair, précis et objectif d’un ensemble d’événements passés. L’autobiographie n’est jamais objective, elle est toujours truffée d’erreurs, pleine de tentatives de justifications.

Plus encore, le récit de notre vie, qu’il soit raconté ou gardé secret, structure et « construit » notre existence. Les processus que nous utilisons consciemment ou inconsciemment, que ces processus soient cognitifs ou linguistiques (selon qu »il s’agit d’un récit oral ou écrit), ont le pouvoir de structurer nos expériences perceptuelles, d’organiser notre mémoire, ainsi que de planifier et de faire se produire les événements de notre vie quotidienne. Ultimement nous finissons par devenir ce que nous racontons que nous sommes.


1. SOURCE

Bruner, Jerome. Life as Narrative. Social Research, Vol 71, No 3, Fall 2004, p. 691.+

 

 

 

 

L’avenir des jeux vidéos avec l’intelligence artificielle.

static1-squarespaceUn des principaux objectifs que visent les systèmes d’intelligence artificielle incorporés dans la programmation de jeux vidéos est de rendre plus réaliste le rendu et le comportement des personnages non joueurs.

En pratique cela signifie que, de plus en plus, les personnages non-joueurs réagissent, planifient, donnent l’impression de faire preuve d’esprit d’initiative, tels des humains.

Pour l’instant, les comportements des personnages non-joueurs sont plutôt stéréotypés et demeurent peu convaincants. Ces comportements sont le produit d’outils de programmation relativement simples (arbres de décision pré-déterminés) comportant un nombre limité de variables.

Mais dans un avenir rapproché, les systèmes d’IA actuellement en cours de développement, tels les réseaux neuronaux et l’apprentissage profond seront probablement incorporés à des puces dédiées et permettront aux personnages non-joueurs de raisonner de manière abstraite et de se comporter de façon imprévue. De plus, l’apprentissage profond permettra aux jeux de s’améliorer en incorporant automatiquement l’expérience et les connaissances des participants.

Des jeux vidéos intelligents pourraient, à partir d’une série d’images, extraire le contenu sémantique des scènes qui sont en train de se dérouler, décrire l’action en cours, déterminer de nouveaux objectifs, planifier une série d’actions pour atteindre ces objectifs, et discuter cette planification avec les joueurs humains.

De telles avancées permettraient d’élargir et d’ouvrir encore plus le champ d’application des jeux vidéos : l’apprentissage et la création (scénarios).

Par exemple, Versu est une plateforme interactive de storytelling qui met l’accent sur les personnages et leurs interactions. L’histoire se construit au fur et à mesure du déroulement du jeu, à partir des personnages. Comment les personnages réagissent-ils ? Entre eux et avec les joueurs ? Que disent-ils ? Et ainsi, au fur et à mesure de la construction du jeu, le paysage social et l’intrigue se modifient constamment.

Versu utilise un engin d’intelligence artificielle développé par Richard Evans, le designer en chef de SIMS 3. Cet engin permet à chaque personnage soit d’évoluer de manière autonome, soit d’être incarné par un joueur.


Pour informations complémentaires, lire les billets dans Conversation sur l’Art :

Donner du corps au récit numérique

Les histoires multisensorielles : un champ des possibles s’ouvre aux créateurs de contenus.


Connaissez-vous leurs secrets ?

Capture d'écran 2016-08-29 22.12.02Plusieurs parmi nous avons concocté des surprises pour nos étudiants. Et par étudiants… j’entends tout le monde. Nous passons notre vie à apprendre et à enseigner aux autres ce que nous apprenons. Le grand buzz de la rentrée est le mot transformation… en éducation, mais aussi en économie-finance, en agriculture, en technologie, en entreprenariat… Fini l’époque où l’on passait des heures à réfléchir à la théorie avant d’agir. Nous avons inversé le processus. Nous expérimentons d’abord (le plus créativement possible), peu importe si cela est imparfait, c’est même préférable, cela permet de faire émerger une connaissance qui nous aurait échappé autrement. Ensuite, nous documentons l’expérience avec les usagers et revenons à la théorie pour approfondir notre compréhension et faire les liens qui s’imposent. Je l’expérimente depuis plusieurs années. Cela fonctionne extrêmement bien.

D’ici Noël, fixez-vous l’objectif de rejoindre au moins un laboratoire vivant. C’est facile, regardez autour de vous, le monde est un laboratoire ! Les amis de l’European Network of Living Labs sont repartis pour la Belgique, la France, l’Angleterre, les pays scandinaves, l’Australie, les Pays bas, la Tunisie et même Taïwan et le Japon…  ils sont tous très actifs, essayez de participer à leurs activités.

Si vous êtes à Montréal, je vous invite à venir me rejoindre pour l’ouverture de la saison Les Midis de l’innovation du Desjardins Lab, le jeudi 8 septembre. Venez découvrir le programme que l’équipe a préparé et Kiffin, le formidable projet de Natasha et Aaron pour permettre à tous de se nourrir de manière plus équilibrée.

Pour ma part, je vous dévoilerai ce que j’ai constaté en mettant bout à bout des exemples récents. La créativité est un super-pouvoir (nous le savions). Utilisée à bon escient, elle peut rendre possible ce qui semblait impossible jusque-là (nous le savions aussi). Mais pour vraiment révéler son pouvoir, il faut l’associer à un ingrédient révélateur. Tout bon leader doit connaître cette composition pour orchestrer les grands changements dont les organisations et la société ont besoin. Le jeudi 8 septembre, je partagerai des exemples qui ne permettent plus d’en douter ! Venez casser la croûte avec nous.

Pour vous inscrire : Les Midis de l’innovation au Desjardins Lab.

Sylvie vous propose une approche où tous ont des super pouvoirs, ils sont les héros d’une nouvelle gouvernance et d’une société à co-construire.

Auteure (La Cité des intelligencesl’École des désirs, le Rêve que j’habite… ), blogueuse et directrice artistique (La nuit des robots), Sylvie Gendreau est la fondatrice des Cahiers de l’imaginaire et la présidente de Gendreau Communications. Elle enseigne la créativité aux doctorants de l’École Polytechnique de Montréal.

Pour stimuler votre créativité, abonnez-vous à son blog, Votre laboratoire créatifet amusez-vous à faire les exercices qu’elle vous propose dans le Cahier d’exercice.

Retour sur Startupfest-2016

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Pour faire le plein d’idées, Startupfest 2016 avec Sylvie Gendreau, Les marathons créatifs—Les Cahiers de l’imaginaire

Vous vous intéressez à l’entrepreunariat et à la créativité ? Vous connaissez certainement l’événement incontournable organisé par l’équipe de Philippe Telio, Startupfest. Si vous ne le connaissez pas encore, découvrez  l’entrepreneur dynamique : Philippe Telio, un homme de passion et d’action.

Si vous êtes preneurs  pour quelques bons conseils pour la Visualisation des données ou sur la passion… vous apprécierez les conseils de l’expert Noah Illinsky  et de l’entrepreneur en série, Jonathan Bixby dans le billet : S’entraider pour Entreprendre Vous découvrirez aussi les grands gagnants du Startupfest 2016.

Et finalement, si vous êtes amateurs d’innovations rapides ou de hackathon, découvrez l’esprit du Hackerfest… pour faire le plein d’idées.

Suivez les événements les plus créatifs de Montréal, sur le blog Marathons créatifs des Cahiers de l’imaginaire.

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Sylvie dirige les Cahiers de l’imaginaire et enseigne la créativité et l’innovation aux doctorants de l’École Polytechnique de Montréal. Pour stimuler votre créativité, abonnez-vous à son blog, Votre laboratoire créatif.

 

 

 

 

Des fauteurs de troubles agréables !

Nous voulons tous changer certaines choses en nous. Nous connaissons les mauvaises habitudes dont nous aimerions nous débarrasser. Mais la plupart d’entre nous éprouvent beaucoup de difficulté à modifier concrètement et durablement ses comportements.

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Intervator, un fauteur de troubles agréables de Matthias Laschke par Sylvie Gendreau, Votre laboratoire créatif

Deux aspects de notre personnalité entrent alors en conflit. Imaginez-vous devant une tablette de chocolat. Vous êtes face à deux exigences contraires et simultanées : (1) un objectif à court terme : votre envie de la manger. Devant la perspective d’éprouver un plaisir instantané, il s’agit d’une pulsion qui se manifeste immédiatement, même si vous savez fort bien que cette pulsion se résorbera par la suite ; (2) un objectif à plus long terme, dicté par la raison, qui a du mal à se faire entendre : perdre du poids et être en santé.

Quelle stratégie adopter ? Stopper ! Prendre une grande respiration et réfléchir. Prendre le temps de se convaincre de ce que l’on sait déjà : Ne pas manger la tablette de chocolat ou la remplacer par un aliment plus sain. Malheureusement, pour la plupart d’entre nous, ce mode opératoire fonctionne rarement. À moins que ce soit au prix d’efforts considérables.

Heureusement, il existe une autre solution : Inversons le problème. D’abord modifions notre comportement. Agissons immédiatement, sans avoir recours au préalable à un précepte moral. En d’autres mots, agir avant de réfléchir.

Pour cela nous devons faire appel aux objets. Notre relation avec notre environnement est presque toujours médiatisée par des objets. Les objets ont le pourvoir de changer directement notre comportement, de manière quasi automatique, sans que nous ayons à réfléchir. L’idée est de choisir des objets qui créent, pour nous, une friction bénéfique et constante. Une friction qui modifie nos comportements en fonction des changements que nous aimerions opérer dans notre vie. Des objets qui nous forcent à poser certains gestes ; des gestes qui à force d’être répétés provoquent, petit à petit, des changements durables.

Évidemment tout réside dans le design de ces objets. Des objets frictionnels et si possible rigolos qui nous assistent dans la réalisation de notre stratégie de changement. La fabrication d’objets frictionnels doit suivre certaines étapes :

1. Définir nos objectifs à long terme (objectifs de santé, éthiques, sociaux).

2. Identifier les activités, les comportements qui pourraient contrevenir à la réalisation de ces objectifs (la fameuse tablette de chocolat quotidienne).

3. Repérer des comportements qui nous permettraient de réaliser plus efficacement nos objectifs.

4. Trouver ou concevoir des objets frictionnels qui nous aideront concrètement à changer nos comportements. Songez à des objets qui matérialiseront » nos intentions. Des objets qui auront le pouvoir de restructurer nos actions.

Depuis quelques années déjà, il existe sur le marché des produits qui pourraient nous assister dans notre stratégie de changement. Fitbit, par exemple, se charge de monitorer nos activités physiques et même notre sommeil. Mais il s’agit avant tout de technologies persuasives. Elles s’adressent à notre cerveau rationnel. Elles ne concernent que certaines sphères d’activités. Elles sont peu efficaces auprès de ceux qui, dans le cas de Fitbit, sont récalcitrants à l’idée de faire du sport.

Matthias Laschke, un jeune chercheur allemand (www.pleasurabletroublemakers.com), conçoit des objets frictionnnels spécifiques à différents types de changement de comportement. L’intitulé de ses objets résume bien leur mode opératoire : pleasurable troublemakers (des fauteurs de troubles agréables).

Voici quelques exemples  de fauteurs de troubles agréables :

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Forget me not, un  fauteur de troubles agréable de Matthias Laschke par Sylvie Gendreau, Votre laboratoire créatif. 

 

Forget me not

Un luminaire de lecture dont l’abat-jour se ferme lentement à l’instar des pétales d’une fleur. Si l’on touche un pétale, l’abat-jour s’ouvre à nouveau et l’intensité lumineuse augmente. L’usager est ainsi en constante interaction avec le luminaire. Il ne l’utilise qu’en cas de besoin, et à chaque fois le comportement du luminaire lui rappelle que l’électricité est une ressource limitée.

Intervator

Le manque d’exercices physiques est à la source de nombreux problèmes de santé. Comment faire un peu plus d’activités physiques dans notre vie quotidienne ? L’intervator est un objet parasite placé sur le panneau de contrôle d’un ascenseur. En pressant sur le bouton d’un étage, l’ascenseur stoppe à l’étage en dessous pour nous inciter à prendre l’escalier pour nous rendre au dernier étage ou  presser le bouton de l’étage au-dessus pour nous rendre directement à destination.

L’exercice de la semaine… fabriquez votre objet trouble-fête pour chasser une mauvaise habitude.


SOURCES

Hassenzahl, M., Eckoldt, K., Diefenbach, S., Lenz, E., Laschke, M., & Kim, J. Designing Moments of Meaning and Pleasure. Experience Design and Happiness. International Journal of Design, (2013), 7(3), 21–31.

Hassenzahl, M., & Laschke, M. Pleasurable Troublemakers. In S. Walz & S. Deterding (Eds.), The Gameful World. (2014), Cambridge, MA: MIT Press. 167-195.

Laschke, M., Diefenbach, S., & Hassenzahl, M (2015). “Annoying, but in a nice way”: An inquiry into the experience of frictional feedback. International Journal of Design, 9(2), 129-140.


Logo carre tumblr (5)Sylvie dirige les Cahiers de l’imaginaire et enseigne la créativité et l’innovation aux doctorants de l’École Polytechnique de Montréal. Pour stimuler votre créativité, abonnez-vous à son blog, Votre laboratoire créatif.