Apprendre de la nature

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Dessin : Pierre Guité. Apprendre de la nature par Sylvie Gendreau

Chaud, le climat ?

Ceux qui ont des enfants et des petits-enfants s’inquiètent. Quelle planète laisserons-nous à ceux qui suivront ? Les experts sont formels. Il est minuit moins deux. Notre espèce est en danger.

Deux clans s’affrontent depuis trop longtemps : les alarmistes et les climato-sceptiques. Le sage Hubert Reeves nous dit, faites preuve de jugement. Un groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)1, regroupant des scientifiques chevronnés, affirme qu’après leurs observations et de nombreuses recherches, ils sont certains à 98 pour cent que nos activités industrielles sont la cause du réchauffement climatique. Choisir son clan ne devrait donc pas être trop difficile !

Si ce sont nos activités qui sont responsables des problèmes de réchauffement climatique, nous devrions percevoir le problème comme un défi créatif à relever par nous tous. En tant que généticien, David Suzuki a été parmi les premiers à attirer notre attention sur l’impact de nos comportements sur l’environnement. Il ne s’est pas contenté d’une carrière de scientifique ou de communicateur, il s’est engagé, en 1990, en créant avec le Dr Tara Curtis sa fondation1 suite au succès retentissant de sa série radiophonique, It’s a matter of survival. Aujourd’hui, la Fondation David Suzuki est reconnue mondialement pour son importante contribution. L’effort de sensibilisation et de mobilisation du public qui semblait toutefois rester lettre morte auprès des chefs d’État et de certains dirigeants d’entreprises, un échec mal vécu par les scientifiques, les environnementalistes et les militants qui ne comprenaient pas cet entêtement face à un enjeu aussi vital pour la survie de notre espèce.

À Montréal, ce lundi  30 novembre alors que les chefs d’état étaient réunis à la conférence COP21 à Paris, c’est un grand-père plein d’espoir qui s’est adressé à l’auditoire. Il est minuit moins deux, il est vrai, mais il faut garder courage et la force d’agir. Si on continue de faire passer l’Économie avant l’Écologie, notre espèce disparaîtra comme d’autres avant la nôtre. Rien d’extraordinaire à cela. La planète peut très bien se passer de nous comme le dit Hubert Reeves. Par contre, nous, sans la nature, nous ne ferons pas long feu. Sans eau, sans oxygène, sans nourriture pour nous tous, on ne survivra pas. L’équation est simple.

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David Suzuki s’est dit plein d’espoir parce qu’il pense que la majorité des hommes politiques ont enfin compris qu’il restait très peu de temps pour sauver notre espèce. Il a même lancé un avertissement aux scientifiques de faire attention de ne pas dire qu’il est trop tard, car de tels propos incitent à baisser les bras alors que nous n’avons pas une seconde à perdre.

Si on place la créativité au premier plan : Les villes peuvent se transformer en forces écologiques plutôt qu’en sources de pollution. David Suzuki y voit d’immenses opportunités. Si elle n’est pas verte, une ville ne peut se qualifier d’intelligente. Nous avons pensé les villes pour les voitures alors qu’une ville devrait être conçue pour les piétons. On y gagnerait non seulement pour l’environnement, mais aussi pour la santé publique. Les bienfaits de la marche sont considérables tant pour notre santé physique que notre santé mentale. Nous sommes faits pour marcher et respirer de l’air pur.

Quant aux technologies, elles devraient toutes — sans exception — être vertes.  À lui seul, ce défi urgent représente du travail pour tous les ingénieurs de la planète.

Comme le dit pertinemment David Suzuki, soyons humbles. Demandons conseil à la nature. Le biomimétisme est une voie porteuse en science. Observons la nature qui a une sagesse qui parfois nous échappe. Sur ces sujets, voyez comment la nature nous inspire en art, lire les posts : Achitecture animale : Une merveille ! et L’intelligence des plantes.

La conférence COP21 de Paris se termine… souhaitons que cette conférence aura des avancées véritables malgré tous ceux qui en doutent. Et rappelons-nous surtout que chacun de nous est responsable de ce monde. Soyons créatifs pour trouver des solutions !