Le temps zéro

Photo-Francesca-Woodman

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Le théorème que l’on cherche existe de toute éternité, mais pour le formuler puis le découvrir, il faut inventer un chemin.— Don Zagier

Lorsque l’École Polytechnique de Montréal m’a invitée à participer à l’élaboration d’un cours sur la créativité pour les doctorants, j’ai eu envie de commencer par Le temps zéro. J’ai pensé que cela parlerait autant aux mathématiciens qu’aux ingénieurs en génie civil, physique, industriel ou nucléaire. J’avais trouvé ma porte d’entrée pour leur parler d’art et de poésie sans trop les choquer !

En fait, l’idée m’a été soufflée (on n’invente rien, on ré-interprète) par la fabuleuse exposition Mathématiques, un dépaysement soudain organisée par la Fondation Cartier à Paris en 2012-2013. Le catalogue de l’exposition est devenu, pour moi, un carnet de rêves. Je ne suis ni mathématicienne ni une savante scientifique, mais ceux qui pratiquent ces métiers me font rêver. La passion avec laquelle ils parlent de la relation entre les nombres et l’univers est une véritable poésie.

Pour cette exposition, mise en scène par David Lynch, six scientifiques et six artistes ont partagé leur vision du monde. J’avais d’ailleurs écrit un post dans Art Talks.

Le catalogue de l’exposition est encore en vente, si ces sujets vous intéressent, je vous le recommande, ce livre est un bijou. Mon cours se divise en plusieurs temps. La première partie, Réflexion-Intention consiste au Temps zéro, au Temps du monde et à Votre temps. Viens ensuite, la deuxième partie Création-diffusion, le temps créer, les jeux du possible et un micro living-media lab. J’ai la chance d’avoir plusieurs complices et partenaires : Le Jardin Botanique, L’Espace pour la vie, le Planétarium, le Centre des Sciences de Montréal, le Centre Phi et bientôt, pour cette rentrée, le Fab Lab. Cela transforme l’expérience d’apprentissage en un merveilleux bouillon de culture artistique, écologique, social, technique et scientifique.

Comme nous tous — et peut-être plus encore — mes étudiants sont pressés et occupés, je souhaite leur transmettre des clés pour les aider à réussir leur vie, les faire rêver, même si je sais qu’ils sont très préoccupés par leur doctorat et pas très enclins à parler d’autres choses que de leurs recherches. Ils ont souvent des familles, parfois un travail, et doivent, en plus, réussir ce défi important dans leur vie. Plusieurs viennent d’un pays étranger, expérimentant simultanément l’immersion dans une nouvelle culture. Ils ont donc besoin de tout le soutien possible.

Mes étudiants sont toujours étonnés, parfois déstabilisés, par le style de mon séminaire qui se démarque de tout ce qu’ils ont connu avant. Chose certaine, ils n’oublieront pas ce cours hors normes qui se veut une bouffée créative et poétique, même si pour certains cela pourrait être considéré comme une perte de temps dans une période où ils en ont si peu.

Qu’est-ce qu’une meilleure productivité en science peut avoir en commun avec le rêve, la poésie, la culture et les jeux ? Certains doutent même que la créativité puisse être un atout dans leurs recherches. Et vous, qu’en pensez-vous ? Pour vous aider à vous faire une opinion, je vous invite à nous accompagner… Prêts pour la balade ?

Lire la suite dans votre Laboratoire créatif.

Comment faire naître une étoile dans son garage ?

TAYLOR WILSON A PEUT-ÊTRE LA RÉPONSE !

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Le garage de la maison familiale est un espace de liberté dans lequel—contrairement au reste de la demeure—poussière, désordre et saleté sont tolérés. C’est le lieu idéal pour donner libre cours à sa créativité.

On le sait. De nombreuses innovations sont issues de garages familiaux. On pense immédiatement à Steve Jobs et Steve Wosniak d’Apple. D’autres continuent d’utiliser ce lieu pour innover, tel le surdoué Taylor Wilson. Découvrez à quel point les enfants peuvent changer le monde, c’est dans votre laboratoire créatif.

Rêver comme Einstein…

albert_einstein1Le physicien et romancier américain Alan Lightman imagine les rêves que le jeune Einstein aurait pu faire au moment où il écrivait les théories qui révolutionneront notre connaissance de l’univers et qui fera de lui le plus grand scientifique de l’histoire. Si vous souhaitez vous inspirer des rêves d’Einstein pour être plus créatif : Lire le post Quand Einstein rêvait dans Votre laboratoire créatif personnel.

Peter Higgs et François Englert remportent le prix nobel de physique.

À l’annonce d’une aussi bonne nouvelle, je ne peux qu’avoir une pensée pour tous mes étudiants polytechniciens qui sont au combat pour terminer leur doctorat en faisant preuve de créativité et de rigueur.

Le prix Nobel de physique 2013 vient d’être accordé au Belge François ENGLERT, 80 ans, et au Britannique Peter HIGGS, 84 ans, pour leurs travaux sur une particule élémentaire, le Boson de Higgs, « une petite découverte qui fait toute la différence ».

Les deux chercheurs ont été les premiers à décrire l’existence d’un boson scalaire, communément appelé « la particule de Dieu », particule élémentaire qui donne au reste des particules élémentaires leur masse. L’hypothèse avait été vérifiée en juillet 2012 par le plus puissant accélérateur de particules au monde, installé au Cern à Genève.

L’année dernière, le prix avait été attribué à deux physiciens, le Français Serge Haroche et l’Américain David J. Winekland, pour avoir inventé des dispositifs expérimentaux permettant de manipuler des systèmes quantiques individuels, c’est-à-dire l’isolement d’un atome ou d’un photon pour étudier son comportement.

Persistance, persévérance, savoir écouter ses intuitions même si parfois nous sommes à conte-courant, le scénario se répète.  À voir le reportage d’Ajork Jha dans The Guardian : Reportage sur Peter Higgs