La nécessité de lire Alain Caillé

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Photo : Pierre Guité, La nécessité de lire Alain Caillé par Sylvie Gendreau, Votre laboratoire créatif

Alain Caillé a le don de mettre les choses à plat d’une manière claire et simple, et il le fait admirablement dans son dernier livre, La sociologie malgré tout, Autres fragments d’une sociologie générale. Une lecture accessible à tout lecteur non spécialiste qui permet de placer les différents penseurs (philosophes, sociologues, anthropologues, ethnologues…) sur le grand échiquier d’une sociologie générale qui ne pourra être écrite que si des passionnés prennent le flambeau que leur passe élégamment le professeur émérite de sociologie à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, aussi directeur et fondateur de la Revue du MAUSS1. Car c’est bien d’élégance qu’il s’agit. Je remercie Alain Caillé pour ce souci de l’autre, ce respect du lecteur. Il est bien plus contraignant d’écrire avec un souci de lisibilité en présentant les thèses des auteurs cités, permettant aux lecteurs que nous sommes, de suivre aisément l’auteur dans ses argumentaires. Quel temps précieux, il nous fait gagner. Voilà une manière d’écrire qui contribue à rendre l’autre plus intelligent et qui devrait inspirer d’autres auteurs en science sociale qui se cachent parfois derrière un certain snobisme d’érudition et dont les livres nous tombent des mains après les premières pages tant il est difficile de comprendre l’essentiel de leur propos.

Ce livre est fondamental pour deux raisons. La première concerne les enjeux du convivialisme. Que veut dire une société convivialiste au juste ? Alain Caillé est la cheville ouvrière du mouvement convivialiste. Malgré l’Intelligence, la pertinence et la bonne volonté de tous, je ne pense pas qu’un manifeste aurait vu le jour sans lui. Il a fait preuve d’une patience, d’un dynamisme et d’une écoute remarquables. Alain Caillé impressionne ses collègues, depuis longtemps, par son formidable esprit de synthèse qu’il illustre une fois de plus dans La sociologie malgré tout, Autres fragments d’une sociologie générale.

Il faut déjà savoir que les convivialistes ne sont pas tous d’accord sur tout. Si nous avons signé le manifeste, c’est parce que nous partageons le même désir de participer à une société du mieux vivre ensemble. Mais chacun de nous a sa façon d’imaginer quels pourraient être les chemins qui mèneraient au convivialisme. Moi, par exemple, j’ai du mal avec le concept de société de décroissance. Je suis une admiratrice de Charles Darwin (La Théorie de l’évolution) et de Gerald Edelman (Prix Nobel de médecine, 1972), auteur du Darwinisme neuronal et co-auteur de Comment la matière devient conscience), sujets que j’aborderai, dans un autre post. Tout dans la nature évolue, la croissance est au cœur même de la vie. Le choix du mot ‘décroissance’ (utilisé par plusieurs convivialistes) ne me motive pas à co-constuire une société du mieux vivre ensemble, car — à mon humble avis — l’expression porte en elle une notion de mort et d’extinction de l’espèce. Je serais plutôt en faveur d’une croissance autrement pour donner envie aux jeunes de réinventer ce que veut dire croître pour les femmes et les hommes contemporains. Dans la nature, toutes les espèces ne demandent qu’à croître, notre cerveau ne demande qu’à croître… et plus nous vieillissons, plus nous pouvons atteindre de nouveaux niveaux de compréhension et d’intuition, comme le dit le neurologue et essayiste Oliver Sacks. Pour moi, croître est un terme positif en termes de développement. Mais je comprends qu’on souhaite une société de décroissance comme l’a imaginée Serge Latouche, un intellectuel formidablement engagé pour lutter contre la pauvreté. Un des fondateurs de la Revue d’étude théorique et politique de la décroissance Entropia et le directeur, depuis 2013, de la collection Les précurseurs de la décroissance aux éditions Le Passager clandestin. Je suis pleinement solidaire de ce combat sans croissance du PIB tel qu’entendu dans le monde actuel, mais une société n’est pas qu’une affaire économique fort heureusement. Cultiver l’esprit d’entreprendre me semble essentiel, car je pense que les jeunes entrepreneurs ont des idées qui nous étonneront. Plusieurs savent déjà associer réussite, créativité et générosité. Un nouveau monde se construit.

Cet exemple n’est qu’une petite illustration du nombre de désaccords qui peut exister dans un groupe qui décide tout de même d’avancer ensemble pour esquisser à quoi pourrait ressembler le convivialisme. Et cet esprit —tout maussien—nous dirait Alain Caillé me plaît énormément. Pour Marcel Mauss, les conflits sont constitutifs de notre humanité. Il serait ennuyeux que les convivialistes aient une pensée unique et uniforme. Au contraire, comme la nature nous l’apprend, plus il y a de diversité, plus un écosystème se porte bien en autant bien sûr que chacun y ait sa place (son espace de liberté et de créativité) afin de contribuer positivement au débat et surtout aux actions concrètes qui en découleront.

Si vous ne connaissez pas Marcel Mauss, lisez vite le livre d’Alain Caillé, c’est une excellente porte d’entrée. L’essai sur le don de Mauss est une source d’inspiration pour imaginer comment pourraient fonctionner des groupes dans une société post-numérique. « Pour Mauss », écrit Alain Caillé, « le politique, le moment de l’alliance qui procède de dons agonistiques, participe d’un ethos démocratique ; (…) Mauss ne souhaite pas l’abolition des conflits mais que soit retrouvée cette sagesse éternelle inscrite dans la condition de l’Homme, vu comme animal politique, qui consiste à savoir « s’opposer sans se massacrer ». »2 Voilà exactement ce qu’il nous faut apprendre dans tout projet d’intelligence collective où chacun est invité à exprimer sa créativité, donc ses différences. C’est par nos différences que l’on peut contribuer davantage à un groupe en co-construction, mais pour que cela soit positif, nous en sommes encore à nos premiers balbutiements. Il reste de nombreuses avenues à explorer et des méthodes à trouver pour peaufiner les expériences de nos living labs.

Apprendre l’intelligence collective aujourd’hui correspond à apprendre à vivre dans une société complexe et numérique qui subit de profondes mutations et dont les langages se transforment à une très grande vitesse. Aider les personnes à mieux coopérer est un véritable défi. S’il y a un domaine où il est plus facile de dire les choses que de les mettre en pratique, c’est bien celui-là.

Or, il ne s’agit pas seulement de lutter contre la pauvreté matérielle, mais aussi contre la pauvreté intellectuelle, sociale et créatrice. Comment aider chacun à développer son potentiel ? Comment maintenir une conversation vivante entre des mondes qui parlent de moins en moins le même langage ? Quelles méthodes déployer pour que les accomplissements personnels servent les communautés auxquellles les individus appartiennent ?  Que doit-on faire pour contribuer à l’émergence d’une véritable société de contribution ?

Bon nombre de personnes que je fréquente ont un pied dans l’avenir. Nous aimons nous tenir sur le bout du tremplin pour tenter d’inventer des outils, des méthodes, des applications qui contribueront à vivre autrement, à co-construire une société différente. Mais tout bon artiste ou scientifique doit toujours apprendre à regarder en arrière avant de se projeter dans l’avenir. Comment voulez-vous savoir si votre concept ou votre idée est nouvelle et inventive si vous ne vérifiez pas si des approches similaires ont été réalisées dans le passé ? Ce regard vers le passé qui peut nous sembler parfois une perte de temps lorsque nous sommes aux prises avec des problèmes urgents à régler est pourtant une nécessité qui en bout de piste pourra nous faire gagner énormément de temps, car on pourra s’inspirer des expériences des autres et essayer d’apprendre de leurs erreurs.

C’est la raison pour laquelle, je suis ravie d’être une convivialiste, cela m’aide à réfléchir avec plus de profondeur. Je le dois à ma venue en Bretagne. Si Sonia Scolan ne m’avait pas parlé de Marc Humbert, je n’aurais pas découvert ce groupe. Mon premier coup de cœur s’est produit à la lecture du livre De la convivialité, dialogues sur la société conviviale à venir d’Alain Caillé, Marc Humbert, Serge Latouche et Patrick Viveret3. Mon deuxième coup de cœur est la découverte de la Revue du MAUSS dont le rédacteur en chef est le sociologue et professeur Philippe Chanial.

La deuxième raison pour laquelle, il faut absolument lire Alain Caillé si on s’intéresse à l’intelligence collective, c’est que dans la notion d’un monde de contribution, il y a le mot ‘don’. À cet égard les réflexions de Marcel Mauss (si bien présentées dans La Sociologie malgré tout) peuvent nous éclairer. Je reprends quelques extraits du livre qui illustrent la pertinence d’intégrer le ‘donner, recevoir et rendre’ de Marcel Mauss dans tout projet collectif où l’on souhaite voir le plus grand nombre contribuer :

« (…) Ne sont humainement acceptables, conformes à l’être générique de l’Homme, à son guttungswesen et à son gemieinwesen, que les normes culturelles, toujours singulières, qui permettent aux sujets humains d’entrer dans le cycle universel du donner-recevoir et rendre. De « donner autant que l’on reçoit », « de sortir de soi, de donner librement et obligatoirement » comme le formule Mauss.29. 4 Pour Mauss, la condition d’un bon fonctionnement du cycle de don est que soit respecté un équilibre entre intérêt pour soi et intérêt pour autrui (aimance ou empathie), d’une part, entre obligation et liberté/créativité de l’autre. Cet équilibre des quatre mobiles de l’action est également, aussitôt, un équilibre entre ce qui est de l’ordre du sujet individuel (intérêt pour soi et liberté/créativité) et qui relève du collectif (obligation et intérêt pour autrui). 5

« Peuvent ainsi être considérés comme aliénés les sociétés ou les sujets individuels qui ne parviennent pas à entrer correctement dans le cycle du don parce qu’ils se retrouvent figés dans un déséquilibre du rapport entre moment individuel et moment collectif, et bloqués dans un excès d’individualisme (intérêt pour soi) ou de solidarisme (intérêt pour autrui), de ritualisme et de réglementation (obligation) ou, au contraire, de permissivité et de liberté stériles.

« Mais cette aliénation n’est pas aliénation par rapport à une norme universelle, intemporelle, en surplomb de l’Histoire ou des biographies individuelles. Et c’est là que l’hyperrelativisme de Mauss reprend tout son sens. Chaque culture ou chaque sujet entend définir un être-au-monde singulier, autrement dit un rapport spécifique entre moi et autrui, et entre nécessité et liberté, et veut voir reconnue la valeur de cette singularité de son monde qui est aussi singularité de son entrée dans le registre du don. Il y a donc ce qu’on pourrait appeler une double articulation, ou encore un double moment de l’aliénation. Le premier moment, est le moment général, caractérisé par l’incapacité à y entrer à sa façon singulière et à faire reconnaître la valeur de cette spécificité. Une société non aliénée — ou, pour le dire autrement, celle qui favorise l’émancipation—, est donc celle qui permet au plus grand nombre de sujets d’entrer de manière singulière, et reconnue comme telle dans le cycle universel du donner, recevoir et rendre. »6

Ce qui est rassurant avec Mauss, c’est de se rappeler que l’homme n’a pas toujours été un animal économique et que c’est peut-être dans les sociétés archaïques que nous puiserons nos inspirations pour inventer de nouveaux rites, sachant que des milliers d’emplois vont disparaître au cours des prochaines années et que la plupart d’entre nous devra devenir entrepreneur indépendant. Les modèles sociaux que nous connaissons vont s’effondrer beaucoup plus rapidement que l’on ne peut l’imaginer. Les changements dramatiques qui nous attendent méritent qu’on s’y prépare tout de suite.

« Le propre des êtres humains est de vivre dans des sociétés instituées symboliquement, qui se présentent donc sous la forme de cultures. Or, le propre de la culture selon Mauss, c’est d’être arbitraire de ce choix, même si, à l’inverse, il ne remplit sa fonction socialisante que pour autant qu’il apparaît à ceux qui participent de cette culture comme pleinement naturel et allant de soi. (…) Le constructivisme joyeux de Mauss (…) se réjouit de l’existence des différences et de la multiplicité des traits de cultures arbitraires, qu’il se n’agit pas d’abolir mais de rendre compossibles. »7

Avec l’essai sur le don de Marcel Mauss (3), le livre d’Alain Caillé sera pour moi, désormais, un livre de référence. Je le recommande à tous ceux qui participent ou pilotent des projets d’intelligence collective ou des living labs, et comme vous pourrez vous en rendre compte au fil des mois, j’y reviendrai souvent tant cela résonne pour mettre nos projets d’innovation dans une perspective humaniste et convivialiste tout en étant à la fine pointe des technologies immersives et expérientielles que permettent la réalité virtuelle qui font craindre à plusieurs la perte de notre humanité. Mais si on est de nature optimiste, on pourrait aussi y voir l’occasion d’une réinvention sociale, et c’est dans ce contexte, qu’il serait si utile de pouvoir se documenter dans une science sociale générale que veut faire renaître de ses cendres Alain Caillé. En conclusion de son recueil de textes, il propose cinq types de pensée de l’émancipation pour sortir du capitalisme et/ou marxisme ? Son dernier bloc me parle et serait une grande contribution si des chercheurs acceptent son invitation.

Le bloc de ceux qui allient une visée d’autonomie ou de démocratie radicales non seulement une réflexion philosophique aiguë, explicitement développée à la fois à partir de Marx et contre lui, mais aussi de véritables analyses économiques, sociologiques et historiques comme à une extrême sensibilité à la question de la finitude et aux risques écologiques majeurs. Et, surtout, qui dessinent les traits d’un après-capitalisme possible qui ne soit pas une simple resucée de l’idéal socialiste ou communiste classique. Dans ce bloc, les trois noms principaux me semblent être  », écrit Alain Caillé, « ceux de André Gorz et de son ami Ivan Illich, ainsi que celui de Cornelius Castoriadis. Et, en arrière-plan, Hannah Arendt, Marcel Mauss et Karl Polanyi.  »8

Nous aurions beaucoup à apprendre d’études qui feraient apparaître les enjeux et les apports propres à chacun d’eux. Pour cette sociologie générale, Alain Caillé propose les idées principales à débattre sous la forme de quatorze thèses qui j’espère inspireront de jeunes chercheurs : 1) Contradictions du marxisme, 2) L’économisme, 3) Vers une anthropologie alternative, 4) Le capitalisme comme hubris du marché, 5) De l’hubris économique comme sous ensemble de l’hubris général, 6) La question du désirable, 7) Au-delà de la révolution permanente, 8) Au-delà du socialisme et du communisme, 9) Du parcellitarisme, 10) De l’individualisme, 11) Quelle morale à venir, 12) Quel sujet collectif ?, 13) Quelle organisation ? et 14) Concrètement : lutter contre les inégalités et contre la corruption.

Car comme le dit si pertinemment Alain Caillé dans la thèse, Au-delà de la révolution permanente, « Notre but ne peut plus être en effet de seulement changer le monde : il doit être aussi de le conserver et de le sauver. D’abord d’assurer sa survie physique et matérielle. C’est le combat des écologistes. Mais aussi de sauver les valeurs qui ont permis à l’humanité de vivre et de progresser à commencer par les valeurs de l’humanisme et de la démocratie. En un mot, il nous faut déterminer à la fois la part de la nature et la part de culture que nous voulons sauver, pour les adapter à la société que nous voulons construire. »

Vous l’avez compris, j’ai trouvé le livre d’Alain Caillé passionnant. Si vous n’aviez qu’à lire un livre d’ici quelques mois, je pense que vous ne regretteriez pas votre choix.

Vous souhaitez rencontrer Alain Caillé ? Il sera à Rennes au colloque Un autre monde se construit organisé par le CIAPHS et PEKEA pour le mouvement convivialiste. Il se tiendra à l’Université Rennes 2 du 26 au 28 octobre 2015. Ce sera l’occasion d’un échange fructueux qui pourra déboucher sur des pistes d’actions concrètes.

Ce colloque est mis en chantier par tous ceux qui partagent le souci du bien commun et qui refusent les intégrismes, celui des marchés dont la puissance commence à vaciller, celui des fanatismes qui réveillent la barbarie, celui des replis sur soi qui ferment l’avenir. J’y serai, bien sûr. Et je me réjouis d’avance du plein d’idées que nous ferons tous ensemble.


1. La Revue du M.A.U.S.S (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales)
« Depuis 1981, La Revue du M.A.U.S.S. s’est imposée comme une des toutes premières revues interdisciplinaires et un des lieux importants du débat public en France. Elle offre des perspectives inédites en sciences économiques, en anthropologie, en sociologie ou en philosophie politique.

Aux antipodes de l’encyclopédisme, et grâce à la variété de son questionnement et de ses angles d’attaque, La Revue du M.A.U.S.S. procède à un bilan permanent et raisonné des sciences sociales.

Parce qu’elle s’est toujours refusée à dissocier les discussions proprement scientifiques de leurs enjeux éthiques et politiques, La Revue du M.A.U.S.S. est à l’origine de nombreux débats de société aujourd’hui cruciaux.

« Anti-utilitariste », elle critique l’économisme dans les sciences sociales et le rationalisme instrumental en philosophie morale et politique. Rendant hommage par son nom à Marcel Mauss, elle incite à penser le lien social sous l’angle des dons (agonistiques) qui unissent les sujets humains.

Cette revue de recherche, de vulgarisation et de débats s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à ce qui se produit à l’intersection des sciences sociales, du politique et de l’histoire, et plus spécialement aux universitaires, aux chercheurs et aux étudiants.

Ces derniers consulteront avec profit la page À propos du MAUSS qui, outre une présentation de la démarche du MAUSS, comprend un texte résumant le paradigme du don et ses principaux enjeux.

Le M.A.U.S.S. édite également, avec les éditions La Découverte & Syros une collection d’essais : La Bibliothèque du M.A.U.S.S., qui accueille désormais la série « Économie solidaire et démocratie ». Animée par le CRIDA (Centre de recherches et d’information sur la démocratie et l’autonomie, équipe de recherche du LSCI, laboratoire du CNRS LP31), cette série porte sur le fait associatif dans la perspective d’une économie et d’une démocratie plurielles.

2. Caillé Alain, La sociologie malgré tout, Autres fragments d’une sociologie générale, Presse universitaire Paris Ouest, 2015

3. Caillé Alain, Humbert Marc, Latouche Serge, Viveret Patrick, de la convivialité, dialogues sur la société conviviale à venir, La découverte, Paris, 2011

4. La note 29 dans le texte d’Alain Caillé: : « Sortir de soi  » ? C’est, curieusement, l’expression « sortie de soi » qu’on pourrai traduire le concept hégélien d’alinéation, Entaüsserung… mais, chez Hegel, cette « aliénation », cette sortie de soi objectivante est absolument nécessaire à la réalisation du sujet, comme chez Mauss.

5. Mauss Marcel, Essai sur le don, Forme et raison de l’échange dans les sociétés archaïques, Éditions PUF, 1924-1925 (2e édition 2012)

6-7-8-9  Caillé Alain, La sociologie malgré tout, Autres fragments d’une sociologie générale, Presse universitaire Paris Ouest, 2015


Lire le conte  Il sera une fois… le désir convivial par Alain Caillé

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Touchée !

Vous les avez vus ? Calmes, dignes, unis, faisant face aux événements avec la volonté de se battre pacifiquement pour la liberté, la fraternité et la démocratie. Ces 4 millions de personnes m’ont émues, j’y ai vu l’expression positive de l’Intelligence collective. Aucun débordement. Aucune violence. Un sentiment de bien-être ressenti grâce à la présence des autres. Athéistes, catholiques, juifs, musulmans cherchant ce qui rassemble plutôt que ce qui sépare. Quelle émotion de les voir aller les uns vers les autres, s’enlacer, s’embrasser. Lire le post dans les pages des Cahiers de l’imaginaire.

C’était, à grande échelle, la même magie qui opère lorsqu’une équipe coopère vraiment. Sourires, complicité, découvertes partagées parce que tous se font confiance malgré leurs différences. Malheureusement, ces situations sont encore beaucoup trop rares. Il m’arrive même parfois de penser que nous régressons dans notre capacité d’apprécier la valeur d’autrui.

L’influenceur Bernard Marr, auteur de quelques best sellers dont 25 Need-To-Know Key Performance Indicators et Big Data: Using SMART Big Data, Analytics and Metrics To Make Better Decisions and Improve Performance, écrivait aux managers dans un de ses récents posts sur Linkedin l’Importance de dire merci. C’est incroyable de penser que nous avons perdu l’habitude de remercier ceux qui font quelque chose pour nous ! C’est encore plus incroyable que cette carence d’une marque élémentaire de politesse exige désormais une leçon de management par un gourou. Il s’agit bien ici de personnes éduquées, scolarisées… qui occupent des postes de direction.

J’ai moi aussi observé cette carence. Au point où lorsqu’une personne remercie, elle nous semble exceptionnelle ! Que Bernard Marr en fasse un sujet, cela signifie toutefois que cette fâcheuse habitude est encore plus répandue que je ne le pensais. Lorsque des citoyens ont remercié les policiers lors des manifestations, le visage des policiers s’épanouissait humblement devant ces témoignages reconnaissants. Je me suis dit que c’était un petit pas dans la bonne direction. Déjà si on apprend à apprécier ce que les autres font pour nous.

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Dessin Pierre Guité

Le paradoxe et la grande tristesse, c’est que dix-sept personnes sont mortes. Il aura fallu ce carnage pour que ces rassemblements pacifiques et harmonieux aient lieu. Cela m’a rappelé les phrases que l’on me répète si souvent depuis des années… ce que tu proposes est souhaitable, mais comment les convaincre de changer… il faudrait une énorme crise. Comme l’a écrit Edgar Morin, une crise est un moment privilégié dans un processus d’évolution. Une des questions que nous devons nous poser : Est-ce que la crise provoquée par les attentats terroristes de la semaine dernière pourra contribuer à un processus d’évolution ? Il serait dommage de laisser retomber ce souffle citoyen. Il serait triste d’en faire une journée d’exception. Nous pourrions profiter de cette prise de conscience collective pour notre co-évolution. Les actions qui suivront seront déterminantes. C’est en encourageant l’intelligence et la créativité collectives que nous pourrons obtenir de véritables gains pour une société convivialiste.

Il y a des jours où il faut s’accrocher pour se convaincre qu’un autre monde est possible. D’autres jours, comme ce 11 janvier, où l’espoir refait surface. Souhaitons que ces manifestations citoyennes nous portent à l’action collective pour la défense et le respect des libertés.

Je vous recommande la lecture de la tribune publiée le 7 janvier dans Humanité par Pierre Tartakowsky, Roland Gori et Christine Lazerges en cliquant su le lien suivant :

Charlie Hebdo. Pourquoi les valeurs républicaines nous permettent-elles de lutter contre la barbarie ?

Voici l’extrait de Roland Gori, psychanalyste, professeur émérite 
de psycho-
pathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille, signataire du manifeste convivialiste. Un texte fondateur sur la pensée et la création à inclure dans notre carnet de bord pour co-construire une société du mieux vivre ensemble.

Humanité, 7 janvier 2015
La pensée est l’épouvante 
même de ce système 
tyrannique
par Roland Gori
Les créateurs rêvent et transforment le monde pour partager l’expérience sensible avec leurs semblables. Les créateurs aiment penser. Qu’ils soient petits ou grands, qu’ils se saisissent du pinceau, de la plume, de la craie, de la parole, du crayon, du marbre ou de l’air, les créateurs aiment penser. Ils aiment penser, parfois jusqu’à en souffrir dans leur chair, jusqu’à martyriser leur corps, jusqu’à supplicier leur vie intérieure, jusqu’à tourmenter leur entourage. Que ce soit par l’art, la science, la philosophie, l’amour ou la politique, que ce soit sous la forme d’un objet d’art ou par une esthétique de vie, penser, c’est créer. Il n’y a pas de création sans liberté. Aimer penser, c’est déplacer des frontières, opérer des transgressions, matérielles et symboliques. Il n’y a pas de véritable pensée sans un déplacement des formes, sans une transgression des figures. C’est la condition initiale pour qu’apparaissent d’autres formes. Sans ce mouvement, il n’y aurait pas de pensée, on demeurerait dans les codes culturels et sociaux, automatiques, conformistes qui reproduisent indéfiniment le même monde sidéral. La création est partage, don, échange. La liberté de penser, comme la liberté tout court, requiert la présence d’autrui, condition initiale d’un monde commun. Ce monde commun, tissé au fil des paroles singulières et collectives, fait le politique. C’est la raison pour laquelle toute vraie pensée est politique, parce que le politique exige la pluralité, la pluralité des mondes, la pluralité des cultures, la pluralité des façons de comprendre le monde et de l’éprouver. C’est pourquoi le monde manichéen nous semble pauvre, démuni du pouvoir de penser. C’est cette pauvreté même du manichéisme qui lui impose, en compensation, violence, brutalité, atrocité. 
Regardez les visages de nos amis de Charlie Hebdo, douceur, gaîté, lumière, érotisme, intelligence, facétie, liberté  ! Combien ils doivent paraître hérétiques au regard des idéologies totalitaires, de toutes ces idéologies totalitaires sorties des ténèbres des forces de destruction. Au-delà des tragédies d’aujourd’hui, de la tristesse, de la colère, de la sidération qu’elles provoquent, je voudrais dire qu’elles répètent, avec les matériaux du jour, des cauchemars anciens.
Le point commun à tous ces cauchemars, c’est qu’ils émergent dans un contexte d’anomie sociale, sur les rives d’un monde menacé par le chaos. Cette violence barbare nous contraint à sortir de l’illusion d’un « monde de la sécurité », de la stabilité. Ces pouvoirs, qui émergent par la terreur, procèdent toujours avec les mêmes méthodes, empruntent toujours les mêmes chemins, réveillent toujours les mêmes forces de mort et de destruction, mobilisent toujours les mêmes résistances. Ces forces de destruction cherchent à installer un nouvel ÉTAT de terreur. Un État dans tous les sens du terme, une organisation tyrannique, fondée sur la terreur, apte à soumettre les populations, à assassiner les 
« dissidents », et à faire voler en éclats le monde du Droit et de la Raison. Ce monde du droit et de la raison, qui se trouve « touché », est celui-là même qui, ayant déçu, a contribué à l’émergence de ces mouvements. Les revendications religieuses de ces mouvements brouillent leur caractère politique. Avant d’être religieux, ces mouvements sont une terreur systématiquement organisée en quête d’un État qui confisque aux citoyens toute capacité de juger et de décider. Les pratiques dont ils s’inspirent sont semblables : soumettre et humilier en déshumanisant les personnes, entreprendre des expéditions punitives et des actions d’extermination des « séditieux », mettre en place des dispositifs d’exception méprisant le droit et la parole, recruter des hommes de main pour les basses besognes, chargés d’assauts brutaux, violents, spectaculaires. C’est la propagande par le fait qui annihile la pensée. La pensée est l’épouvante même de ce système tyrannique, de ses hommes de main. À l’ère des masses, ces pratiques et ses idéologies procèdent du fascisme : obliger à dire, à penser et à vivre le monde d’une seule et unique manière, dictée par les donneurs d’ordres qui manipulent et endoctrinent en masse. Bien sûr, ces pratiques fascistes se métamorphosent en fonction des techniques et des géographies politiques inédites. Il n’empêche, l’objet haï par ces entreprises terroristes demeure la liberté de penser. C’est en quoi elles visent préférentiellement la création et les créateurs, tous ceux qui, modestement ou spectaculairement, témoignent de leur liberté de penser. Ce n’est pas une question de religion, c’est une question de politique. Le pouvoir établi par la terreur se fout complètement des arguments théologiques, des débats d’idées, de la querelle des interprétations. Il en a horreur.
Alors bien sûr, ce fanatisme totalitaire est aussi l’ennemi juré de toute démocratie. À l’origine de la démocratie, il y a cet amour de la parole, plurielle, colorée, métissée, féconde de nouveaux mondes. Il y a cette curiosité d’un avenir qui ne soit pas le reflet du passé, cette volupté de convaincre sans contraindre, de consentir sans violence physique ou symbolique. En oubliant que la démocratie exige invention plus qu’institution, que la liberté requiert la présence d’autrui, que la pensée s’étiole à l’ombre du calcul des affaires et des procédures, le rationalisme technico-économique contemporain a produit ses propres monstres qui lui empruntent volontiers ses moyens de puissance. Les peuples de France, d’Europe et du monde, en se nommant « Je suis Charlie », en s’unissant contre 
la violence criminelle, tentent de sauver leur dignité de penser, leur liberté de vivre. Puissions-nous parvenir une fois encore à rendre vivante la parole de Zweig : « C’est en vain que l’autorité pense avoir vaincu la pensée libre parce qu’elle l’a enchaînée. »
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5 millions d’exemplaires se sont envolés en une journée ! Charlie Hebdo qui était près du dépôt de bilan voit ses abonnements monter en flêche. Cela sera un apport d’oxygène. Plusieurs ont enfin compris que la liberté d’expression a un prix et qu’il faut soutenir les créateurs qui y participent. Les belles paroles ne sufisent pas. Il faut agir.
Lectures recommandées :

RENNES, LA CRÉATIVE !

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Ce n’est pas toujours apparent au premier coup d’œil. La ville de Rennes affiche sa créativité et ses innovations avec discrétion. Il faut souvent connaître pour vraiment apprécier. Pourtant, en octobre, Rennes est vraiment la ville où il faut être.

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Première raison : Opportunités Digitales, les rencontres francophones du numérique qui ont réussi à séduire avec cette toute première édition d’une convention d’affaires où technologie, recherche et créativité tissent une même trame. L’arrivée des Québécois et des Belges a été comme un souffle de fraîcheur et de bonne humeur dans la ville. Les Rennais étaient prêts pour les accueillir dans les plus beaux lieux de la ville : Les Champs Libres, Le Parlement, l’Hôtel de ville, l’Opéra et dans des endroits divers où l’art contemporain s’exposait avec le Festival Maintenant porté par l’Association Electroni[k] qui

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a présenté du 14 au 19 octobre un instantané de la créativité artistique contemporaine en arts visuels, musiques et nouvelles technologies.

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«Artiste remarqué sur la scène internationale de la musique électronique depuis les années 90, à l’origine du duo Monolake, Robert Henke a été l’invité du festival en résidence internationale en 2012. Artiste multimédia, Robert Henke explore le son, le rythme, développe des fréquences et des paysages sonores. Fragile Territories est une troublante installation mêlant son et laser dans un perpétuel mouvement, sans fin ni début, entre construction mathématique et création aléatoire, harmonie et opposition. Installé dans un espace totalement noir, le visiteur se laisse aller à un état quasi hypnotique pour mieux apprécier ces lignes de lumière qui deviennent petit à petit signes, formes, paysages… avant de devenir imperceptibles à l’œil pour mieux ressurgir.»  Cliquer sur l’image pour voir la vidéo.

Avec l’IRT b<>com, l’INRIA Rennes, Orange Labs, le centre de R&D de Technicolor, Rennes Atalante : Pôle Images et réseaux, le labfab à l’École Européenne supérieure d’Art de Bretagne, ses universités Rennes 1 et Rennes 2, Artefacto, AMA, sa plateforme culinaire et toutes les start-ups qui semblent avoir le vent dans les voiles…

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Rennes est vraiment la ville du numérique en France. Emanuel Couet, maire de Saint-Jacques-de-la-Lande et président de Rennes métropole, mise d’ailleurs sur le numérique pour faire avancer sa ville. « Depuis 30 ans, les télécoms et les réseaux sont dans l’ADN de Rennes. Avec les centres de recherche, les laboratoires, les entreprises qui sont implantés sur notre territoire, nous avons une place incontestée dans l’économie numérique. »

Carl Viel, président de Québec International est tout aussi enthousiaste et fier. La ville de Québec est aussi reconnue pour ses centres de recherche, ses universités (Laval, ENAP, INRS… ), pour ses entreprises et ses start-ups dynamiques et ses avancées reconnues comme ville intelligente. IMG_1682

La première édition d’Opportunités Digitales est le résultat concret d’un partenariat prometteur entre Québec International et Rennes Métropole qui rapprochera encore davantage les Québécois et les Bretons.

Les Ateliers Culture et Créativité ont été des moments forts grâce à l’exceptionnelle participation des intervenants et des participants comme vous pourrez le constater en lisant les synthèses publiés par les Cahiers de l’imaginaire. Le plaisir et les rires pendant des ateliers sérieux sur des sujets importants ont prouvé que la réflexion de la commissaire Zoë Gray de la Biennale d’art contemporain à Rennes… était pertinente et combien nécessaire à une époque où nous accordons de moins en moins de temps au jeu et à la paresse. Une réflexion sur la valeur que nous accordons à notre temps et à nos passe-temps.

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Ce qui m’emmène à la deuxième raison pour laquelle il faut absolument être à Rennes cet automne. Ne manquez pas la quatrième édition des Ateliers de Rennes – biennale d’art contemporain. Le thème de cette année : PLAYTIME, une biennale réussie signée par la talentueuse commissaire, Zoë Gray.

« En s’appropriant le titre du film de Jacques Tati, Playtime (1967), la commissaire propose un tour d’horizon hulotesque de la pratique artistique contemporaine. La biennale est abordée à la fois comme une aire de jeu et comme un espace de travail. » Mêlant artistes émergents et artistes reconnus, français et étrangers, œuvres existantes et œuvres nouvelles, productions et tous médias confondus, PLAY TIME a tout pour plaire tant aux amateurs qu’aux néophytes. Le thème est aussi à-propos alors que se dessine la tendance mondiale TTT (Time To Think). Le temps qui nous manque pour la paresse est aussi un temps qui nous manque pour réfléchir.

PLAYTIME présente de manière ludique le travail, le jeu et la paresse dans trois expositions collectives :

A la Halle de la Courrouze : L’aire de jeu
Le lieu aménagé temporairement est une réussite. Les médiateurs sont accueillants et souriants. L’aire de jeu fonctionne… le public joue de bon cœur !
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Au Musée de beaux-arts de Rennes : Le droit à la paresse
La paresse n’a jamais été aussi invitante…

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Au FRAC Bretagne : Work as Play, Art as Thought est une réflexion intéressante sur le processus de création. J’en reparlerai dans un autre article. A voir et revoir jusqu’au 30 novembre. Une bonne raison pour venir passer quelques jours à Rennes en famille ou entre amis. La biennale d’art contemporain que vous offre Les Ateliers de Rennes est ouverte et accessible. On ne pouvait trouver meilleur sujet dans les temps actuels.

Le « bien commun vécu » de François Flahault

L’été venue, la vente de la galerie, les préparatifs pour le début de nouvelles aventures…  le temps a filé. Le développement de contenus pour le projet innovant de la rentrée avec les doctorants de l’École Polytechnique de Montréal en partenariat avec l’Espace pour la vie et les ateliers Culture et Créativité du grand événement d’Opportunités digitales à Rennes qui se déroulera la semaine prochaine… ne m’ont pas laissé une minute pour vous écrire. Je vous prie de m’en excuser !

Dans l’effervescence du travail, parmi les nombreux clics, j’ai mis de côté cet entretien avec l’anthropologue et philosophe, François Flahault…  écoutez ce sage sur le bien commun vécu… qui semble si évident… et pourtant si difficile à mettre en pratique.

François FLAHAULT, Le Bien commun vécu, Les Entretiens, Common Good Forum, Violaine Hacker, mai 2013

Je vous invite aussi à vous abonner à la revue du MAUSS si ce n’est pas déjà le cas et de vous procurer le numéro :

 

 

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Le convivialisme sur France culture

Très intéressante intervention d’Alain Caillé sur France Culture.

Cinq ans après la mort d’André Gorz, une trentaine d’auteurs, représentatifs des différents courants de la pensée alternative, se sont réunis en novembre 2012 dans un colloque organisé à Montreuil. Sortir du capitalisme. Le scénario Gorz présente une partie des communications plus spécifiquement consacrées à la sortie du capitalisme. Comment l’entendre ? Où en est la pensée critique ? Et l’écologie politique aujourd’hui ?

 Caroline Broué reçoit le sociologue Alain Caillé, il a notamment proposé une critique du paradigme utilitarisme en promouvant le vivre-ensemble par le convivialisme, chargé de répondre aux quatre grandes crises – morale, politique, économique et écologique – qui secouent notre société actuelle.

Une déclaration d’interdépendance !

Si vous lisez ce blog, c’est que vous êtes probablement déjà un convivialiste. La plupart des amis des Cahiers de l’imaginaire pensent, créent, vivent dans cet esprit d’interdépendance, dans ce désir de contribuer à un autre monde. Il faut donc vite nous rejoindre… un nouveau monde est en marche ! Laissez-nous votre adresse courriel, vous recevrez de nos nouvelles.

 

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